<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Les périphériques vous parlent &#187; Economie et Société</title>
	<atom:link href="http://blog.lesperipheriques.org/category/economieetsociete/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://blog.lesperipheriques.org</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Fri, 22 May 2026 18:20:04 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=3.8.41</generator>
	<item>
		<title>La condition œuvrière (art, travail et liberté), par Yovan Gilles</title>
		<link>http://blog.lesperipheriques.org/2017/03/31/la-condition-oeuvriere-par-yovan-gilles/</link>
		<comments>http://blog.lesperipheriques.org/2017/03/31/la-condition-oeuvriere-par-yovan-gilles/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 31 Mar 2017 15:43:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[blog]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts et littératures]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et Société]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[production de soi]]></category>
		<category><![CDATA[salariat]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesperipheriques.org/?p=3037</guid>
		<description><![CDATA[Introduction à la publication sur le web de l’article La condition œuvrière de Yovan Gilles paru dans la revue Les périphériques vous parlent en 2006.   L’art est l’activité vivante qui confère un devenir au sujet dans la temporalité propre à une œuvre s&#8217;accomplissant dans quelque domaine que ce soit.   La proposition ces temps-ci [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><b><i>Introduction à la publication sur le web de l’article </i></b><b>La condition œuvrière<i> de Yovan Gilles paru dans la revue </i>Les périphériques vous parlent<i> en 2006.</i></b></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><i>L’art est l’activité vivante qui confère un devenir au sujet dans la temporalité propre à une œuvre s&rsquo;accomplissant dans quelque domaine que ce soit.</i><i></i></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">La proposition ces temps-ci d’un revenu de base a le mérite de chahuter un imaginaire social qui bien souvent amalgame le travail (l’activité humaine transformatrice et auto-transformatrice) à l’emploi (le statut), qui est encore perçu comme un contrat de subordination.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Que l’on soit pour ou contre cette proposition, elle invite, à vrai dire à porter un regard lucide  sur les évolutions actuelles du travail, qu’il s’agisse du travail humain ou de celui des machines : les mutations effectives avec de nouvelles formes de contractualisation, de rémunération et d’auto-organisation temporelle. Ces évolutions dérivent ou sont impulsées par la révolution digitale et numérique, robotique et l’automation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Plus largement encore, si l’on considère un tel revenu inconditionnel, des analystes scientifiques s’accordent à dire que, tant que les individus tireront leurs revenus des activités professionnelles obligatoires, avec l’illimitation du travail que cela suppose, il sera impossible de lutter contre l’emballement climatique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Parallèlement, le scandale moral que représenterait pour la majorité la rémunération universelle et sans contrepartie du « non-travail » attise la principale réticence, mais qui est loin d’être la seule. C’est d’ailleurs pour cela qu’un revenu similaire en 1989 devint un RMI avec une clause de conditionnalité d’insertion qui le rendît acceptable, avec son prolongement actuel mais rogné : le RSA.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">A vrai dire, plus que la « raréfaction » du travail, ce qui est menacé aujourd’hui et exposé à la précarité, n’est-ce pas plutôt  l’emploi salarié classique né du taylorisme ? N’est-ce pas aussi la mise en cause d’une domination &#8211; jadis sans partage &#8211; d’une organisation de la vie sociale fragmentée, segmentée et clivée entre espace du travail et des loisirs, chômage et vie active, production et consommation (compensation), privé et public, intime et collectif… ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Aujourd’hui, la part de réalisation et d’expression de soi, et d&rsquo;implication des personnes dans le travail autour d&rsquo;objets et d’horizons communs, apparaît de plus en plus désirable et nécessaire, et pas seulement dans le champ des professions qualifiées et « privilégiées ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">De la même façon, il est de plus en plus difficile pour l’individu d’être traité et perçu comme une ressource humaine, une utilité ou un corvéable à merci dans des contextes de travail où les spécificités s’affirment sur les spécialisations. C’est la personnalité humaine dans sa singularité qui s’accommode de plus en plus mal de sa dilution dans un travail qui serait purement fonctionnel, dont le mobile serait principalement les gratifications salariales, sans nier leur importance bien sûr.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Ces considérations  ouvrent aux prémices de ce que j’ai appelé la condition œuvrière (contraction d&rsquo;œuvre et d&rsquo;ouvrage).</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Le néologisme d’ouvrier exprime que l’activité artistique n’est pas réductible et imputable au seul secteur culturel : elle embrasse le travail humain lui-même. A la question : « qu’est-ce que l’art ? » Auguste Renoir répondait : « Je n’en sais absolument rien. En tous cas ce n’est pas un métier, c’est la manière personnelle et singulière d’exercer n’importe quel métier ». </span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">De semblable façon, Michel Foucault déplorait que, dans la perception diffuse de l’artistique, l’esthétique de l’objet occulte « l’esthétique du sujet ». Parler d’esthétique du sujet, c’est étendre la créativité à la vie sociale dans son ensemble. Cette manière transversale et décloisonnée de voir est hélas ! souvent mise à mal quand on parle en effet « des artistes ». Ces derniers auraient le monopole de la créativité, du moins en seraient les détenteurs électifs.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Ne faut-il pas s’étonner d’autre part que, lorsque nous évoquons la production, nous insistons sur le produit, et guère sur le sujet qui <i>le produit</i>. La production du produit se double d’une production du sujet dans une relation à l’autre.  Sur ce dernier aspect, sa relation devient à ce point si cruciale  – à notre insu même &#8211; que l’acronyme DRH muté en Direction des Relations Humaines, n’en serait que bénéfique et pertinent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Depuis le 19<sup>ème</sup> siècle nous référons principalement le travail aux satiétés du ventre, au pouvoir d’achat qu’il autorise, à la dimension sacrificielle et moralisatrice du mérite et du commandement. Or, nos modes de production  sont parvenus aujourd’hui dans les pays industriels avancés (et ailleurs sous d’autres formes) à un tel point de sophistication, que nous aurions tort de négliger les opportunités qui s’offrent à nous pour, au contraire,  vivre et penser le travail d’une façon plus libératrice et vivante. </span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p><span style="font-size: medium;"><strong>Y.G.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: large;"><b>La condition <i>œuvrière</i> </b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-size: medium;">Nous traversons un contexte où les menaces qui pèsent sur le droit social accusent la crise de sens qui frappe la valeur du travail et le travail comme valeur. Les espoirs placés dans la libération du travail salarié sous la forme d’un contrat de subordination, qu’ils soient illusoires ou fondés, n’en rendent que plus aiguë la question de la production de soi que l’activité artistique, par sa dimension émancipatrice, contribue à éclairer. </span></em></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><b>Le mont analogue &#8211; Alkhemia</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Fabulons, pour commencer. La montagne prodigieuse qui apparaît à l’aventurier en plein océan, à une heure indécise, par la grâce d’une certaine cambrure de l’espace et du temps, voilà l’obscur objet du roman de René Daumal <i>Le Mont Analogue</i>. De quoi le mont est-il l’analogue pour celui qui se met en quête de le toucher du regard, puis d’entreprendre de le gravir, après avoir accosté sur une île où des voyageurs venus des confins du monde échouent, dans l’écume des temps, à transformer leur désir en conquête? Pourtant, tous ces audacieux, tutoyant la mort, entre naufrage et découverte, s’y rejoignent comme dans un pays natal qui ne les a pas vu naître, mais qui les révèle à eux-mêmes en véritable <i>matrie</i> des œuvriers du vertige.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Imaginez une montagne, avoisinant le bleu du ciel, à la présence toute magnétique et dont nulle carte ne mentionne l’existence: un babel de rocs auréolé d’un enfumage glacé qui empêche d’en apercevoir le sommet; une cime qui aiguille en chacun le désir d’une ascension indéfinie dont le récit ne livre ni l’enchaînement ni le secret; une paroi incommensurable dont aucun homme n’a pu jauger l’altitude, mais qui néanmoins culmine dans une zone d’occultation géologique; un accident monumental de l’univers physique entraperçu fugacement à la faveur d’un pli dans la réalité océano-athmosphérique aux lueurs du crépuscule. </span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Daumal, à travers un roman dont l’inachèvement est allusif, fait un détour par l’alpinisme pour nous parler de l’art, dont il affirme qu’&nbsp;&raquo;il est l’accomplissement d’un savoir par une action&nbsp;&raquo;; un savoir qui ne peut être délié du corps et dont le motif est sans doute l’expérience de l’impossible. </span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">De même que le sommet du Mont Analogue s’éloigne à mesure qu’on l’approche, un Tyrolien remarquait que &laquo;&nbsp;plus on regarde un mot de près, plus il vous regarde de loin&nbsp;&raquo;,<i> </i>comme la cime s’estompant à proportion de l’effort débauché pour l’atteindre, sans espoir d’apogée. Et le mot art, à l’égal de l’activité qu’il dénote, sans doute plus qu’un autre. Ce qui, au demeurant, n’ôte rien à la précision sibylline de la formule de Daumal en ce qu’elle étend les applications de l’art et de la poésie bien au-delà du seul domaine de la production d’œuvres de l’esprit et de la sensibilité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">C’est l’œuvre qui donne à l’art sa réalité. Une œuvre constitue à la fois un résultat, qui a valeur de preuve, et en même temps toujours une limite. Une limite, dans la mesure où le mouvement en elle de la créativité coagule, croit-on, en un produit achevé et stabilisé de l’esprit humain parvenu à ses fins.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Mais il n’en est rien. L’œuvre est l’essai indéfiniment tenté, la chance provoquée, l’investiture du hasard que dévoile, entre autres, un film comme <i>Le mystère Picasso</i> de Clouzot. Le spectateur y découvre le peintre au travail, introduit dans les coulisses d’un acte créateur en proie à des voltes ivres, suivant à la trace ce crayonnage instinctif, mais en même temps venu de loin. Le saisissement ressenti à la genèse de <i>l’œuvre se faisant</i> est suggéré par ce geste qui, débordé, se saborde, se déprend soudain d’une évidence trop plastiquement heureuse; la main, raturant alors, effaçant, semant un désordre à l’instant même ou notre attente intriguée misait sur une touche finale de Picasso.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><b>Autopoïèse</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Le procès de créativité lie sans qu’on puisse les dissocier la production de l’œuvre et la production de soi. C’est cependant une chose très mystérieuse à percevoir, de nature plus intuitive et ressentie que conceptuelle. Ce &laquo;&nbsp;soi&nbsp;&raquo; est très personnel et, en même temps, impersonnel. En tout cas, l’activité poétique<sup>1</sup> possède un caractère de transmutation qui, dans une obscurité entretenue, a notoirement culminé chez les thaumaturges de la Renaissance avec l’alchimie opérative. A toute opération sur la matérialité du monde correspond un analogue dans l’opérateur lui-même. C’est par là que les pratiques expérimentales créent des objets par lesquelles le sujet connaissant se transforme à son tour.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">De même que le monde objectif et matériel n’est pas un dehors dont il faudrait pénétrer les secrets et les lois, le sujet n’est pas non plus le lieu de l’intériorité, cette petite copule impénétrable du moi. Pourquoi? Parce que le dehors et le dedans, l’intérieur et l’extérieur ne constituent pas les données d’une séparation, mais les variables d’une co-évolution du monde et de la conscience. </span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">C’est ainsi, qu’au final, le sommet du Mont analogue est le seul à se dresser sur la terre que l’alpiniste des massifs organiques conquiert, sans jamais parvenir à se hisser à sa hauteur. Paradoxe? Le désir, à vrai dire, n’est jamais en mesure de s’atteindre lui-même. S’il y a un objet du désir, le sujet est toujours dépassé par cet objet, lequel ne cesse de le devancer. Cette frustration, il est vain de vouloir s’en débarrasser. Si elle n’était aussi mordante, l’individu ne serait pas poussé à en savoir et à en apprendre davantage, pour dépasser ce qu’il sait, là où le conduit une recherche inassouvie, pénétrant à chaque fois dans une lumière plus dense que la nuit.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">En parlant d’art et d’alpinisme, j’ai à l’esprit des questions concernant ce qu’on appelle le travail, le travail entendu comme production de soi, ce travail qu’on fait parce que, ne pas le faire, au-delà du calcul ou de la reconnaissance, c’est manquer un rendez-vous avec le désir. Une telle acception du travail est certainement, comme le Mont analogue, inaccessible aujourd’hui à la majorité des populations mises au travail. Elle n’est peut-être même pas recommandable et tout à fait contre-productive dans un contexte où le désir en politique a comme borne l’obligation supérieure faite aux mortels de &laquo;&nbsp;perpétuer l’espèce&nbsp;&raquo; (position atterrante exprimée récemment et le plus sérieusement du monde par un politique de renommée nationale qui faisait état de son hostilité au mariage entre homosexuels).</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Quoi qu’il en soit, on dit d&rsquo;un salarié/travailleur/employé qu&rsquo;il est &laquo;&nbsp;libre&nbsp;&raquo; en dehors de son temps de travail comme on l’affirmerait d&rsquo;un otage ou d&rsquo;un détenu. Cette tournure trahit la prépondérance de la contrainte au travail dans la vie sociale. Elle astreint l&rsquo;individu à trouver, sinon son bonheur, du moins du délassement, dans les interstices du loisir et des jours chômés comme, dans un ciel de plomb, les nuages laissent filtrer par intermittence des éclaircies avaricieuses. Cette condition apparaîtrait dans toute sa brutalité si elle n&rsquo;était vécue comme inhérente à la vie, comme le sont le cycle indéfectible des saisons ou la rotation de la terre autour du soleil.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Le destin du sujet reste de pourvoir à ses besoins en travaillant. Rien d’original à ce jour, même dans les pays dits &laquo;&nbsp;riches&nbsp;&raquo; qui, à défaut de connaître le don, pratiquent le gaspillage. On objectera que le travail, c’est autant de peine que de plaisir, même si ce plaisir enchaîne comme à une drogue. Mais quelle que soit la nature des buts qu’il sert, le sens et la valeur qu’il revêt à nos yeux, le travail a pour nous le visage de l’austérité, même si cette austérité est la source principale de notre légitimité à l’existence. Par lui, nous nous acquittons d’un devoir et, à moins de se mentir à soi-même, il ne laisse pas d’autre choix à la liberté que de négocier avec lui. Sauf à considérer le sort marginal de privilégiés bien nés, le non-travail est sanctionné par un dénuement qui flirte avec la déchéance et la mort sociale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Travailler, c’est se rendre utile aux autres et à soi-même. Le salarié, en subvenant à sa survie, nous soulage de la charge que ferait peser sur nous son non-travail. Le travail des uns est de la sorte justifié par le préjudice coûteux que fait peser sur la société l’oisiveté des autres. La hargne avec laquelle on veut remettre les chômeurs au travail par tous les moyens possibles, y trouve son explication.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">C’est ainsi que le travail définit l’utilité sociale de la personne. Ce qui implique que le droit au travail a nécessairement pour corollaire un devoir d’employabilité qui, en garantissant la réciprocité du rapport contractuel au travail, scelle une souffrance en même temps qu’un pacte social qui, s’il n’existait pas, nous en convenons aisément, laisserait le champ libre à des fléaux sociaux plus intolérables encore. Autre paradoxe.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">En participant à la production de la richesse commune, l’individu bénéficie d’avantages qui le protègent en retour de l’insécurité salariale. Toutefois, et c’est là un litige politique d’envergure, chacun n’est pas égal devant la nécessité qui l’oblige à travailler. Et c’est bien sûr ce qu’occultent les ultralibéraux qui, convaincus que la vie est régulée par une concurrence aride pour la survie, procèdent à une mise en équation douteuse entre travail et réussite sociale qui n’a jamais marché tout en représentant un leurre persuasif à toute vélléité de sortie de la société salariale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">On peut en discuter, mais le satyre Silène n’aurait pas désavoué l’idée d’une société vraiment juste qui permettrait à cent mille chômeurs (appelons-les les intermittents du désœuvrement), tirés au sort chaque année, de vivre rondement aux frais de la République et de la dépense publique. Nos institutions leur dispenseraient de quoi subvenir aux caprices de l’instant, on se montrerait indulgent pour les vices où les entraîne cette faveur. Une telle vacance stimulerait sans doute chez eux l’aptitude au non-travail qui est l’essence du vrai travail. Nous serions nombreux, au cas où une telle mesure était adoptée, à fêter l’avènement d’une société aristocratique populaire par rotation. Or il n’en est rien. Qui l’eût cru ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">A vrai dire, la majorité ne se résignerait pas au travail si cette contrainte ne s’accompagnait en même temps de la promesse de jouir de ses fruits dans un espace de réparation où profiter des récompenses qui gratifient les méritants et où, ce qui nous manque d’un côté est compensé par ce qu’on obtient de l’autre, permettant ainsi de supporter un sort qui n’est pas choisi.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Les grandes religions du salut, pour justifier les abstinences et les renoncements aux rondeurs de la vie, s’évertuent à signifier à la piétaille, que tout ce dont elle se prive, elle en jouira plus tard en accédant à un paradis dont la prodigalité valait bien la peine de la patience et du sacrifice. Le sacrifice raisonnable est consenti au nom d’un bonheur toujours différé, mais qui n’en procure pas moins un véritable pouvoir sur les autres dans le cadre de la vie sociale et qui, quand bien même nous jugeons qu’il est incapacitant du point de vue du désir, est cependant réel au regard des prérogatives qui lui sont attachées.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Et parce que, comme disait Guy Debord, &laquo;&nbsp;dans un monde renversé le vrai est un moment du faux&nbsp;&raquo;, le plaisir, quant à lui, participe également du travail ingrat. Mais à ceci près qu’il dérive d’une acceptation de la contrainte au travail pour des fins extérieures au travail lui-même, sous la forme de gratifications salariales qui nous dédommagent. Pourtant, la distinction entre le travail &laquo;&nbsp;aliénant&nbsp;&raquo; et le travail « choisi » est malaisée, j’y reviendrais, et demande à être nuancée dans la mesure où la subordination au travail est acceptée comme le symbole même des libertés qui en dépendent, chèrement acquises au demeurant, fruits de luttes, de rapports de forces mais aussi de compromis compromettants qu’on le veuille ou non.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><b>L’indécence du principe de plaisir</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Evoquer le plaisir dans un travail influence certainement la façon dont ce dernier est tenu pour sérieux. On peut préjuger que le travail artistique n&rsquo;est pas un vrai<i> </i>travail parce qu’on lui associe la liberté du jeu, l’expression de la sensibilité et la comédie des hasards. Il est des jeux plein d’innocuité et il en est de tragiques comme la guerre ou l’art. Ce dernier, à la différence de la guerre qui fait désespérément mal, nous donne la mesure d&rsquo;une liberté à conquérir; non la liberté sans épreuve qui, comme la joie, peut être imbécile, mais la liberté vacillante et fragile dérivant d’un rapport à l’obstacle surmonté ou déjoué. </span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Dans les mentalités, libérer l’homme du travail dénote une certaine disposition coupable au plaisir qui irrite les sensibilités à droite comme à gauche, pour des motifs différents du reste. Plus généralement, la suffisance d’un principe de plaisir est généralement exécrée dans une société où la pénibilité du travail représente le gage de sa valeur. Plus un emploi accable, plus le salaire de qui supporte cet effort est justifié, même quand le salaire misérable qui l’évalue en accuse l’insignifiance. Sans ignorer que le travail sous-qualifié, particulièrement florissant aujourd’hui, voue celui qui y est condamné à une détresse morale supplémentaire, accentuée par le mépris que la société contient mal pour les emplois dénués de valeur immatérielle à l’ère du &laquo;&nbsp;général intellect&nbsp;&raquo;.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">L’assiduité au travail martèle la bonne volonté de celui qui perçoit un salaire à la condition de le mériter. L’individu doit faire la preuve qu’il ne travaille pas pour se faire plaisir mais pour répondre aux attentes d’employeurs qui s’appliquent en plus à lui faire comprendre qu’ils lui rendent service parce que, dès lors qu’il fait partie des actifs, il s’acquitte justement du principal devoir qui conditionne le fait qu’il ait droit à des droits.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Cette question du plaisir n’est pas innocente. On peut débattre longuement sur la nature du plaisir. Il n’est pas étranger à la pulsion destructrice. Le plaisir éprouvé par le christ sur la croix n’est pas moins réel que celui des nouveaux martyrs qui se donnent à des mortifications explosives confinant à l’extase.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Le plaisir se fond aussi aux joies de la consommation et des gratifications salariales.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Mais, pour ce qui nous concerne, restons-en à la maxime qui énonce qu’<i>on ne travaille pas pour se faire plaisir</i>. Le plaisir apparente un travail au loisir. A titre d’exemple, les ponts d’or dont profitent les vedettes du sport et du show business creusent de façon spectaculaire le fossé qui sépare les <i>enrichis</i> et les <i>appauvris</i>. Les récriminations à l’encontre des capitaines d’industries et des patrons surpayés sont notoires aussi, mais à ceci près qu’elles relèvent pour les mouvements sociaux d’un débat sans arrière-pensée sur les inégalités de revenus et les injustices sociales qui en découlent. Dans le premier cas, le caractère choquant d’un enrichissement que rien ne saurait justifier réside dans la dimension ludique des activités que le haut salaire rétribue. L’opinion sous-entend par là que la marque du plaisir est sa gratuité exemplaire. D’où scandale, à moins que les sportifs honorent le drapeau national par des victoires qu’on exige d’eux de façon sommatoire. De même, les réticences de l’opinion à adhérer sans réserve à la lutte des intermittents du spectacle, à la différence de celles des agriculteurs, des sages femmes ou des victimes des plans sociaux dans l’industrie, tiennent essentiellement au fait que, tout ce qui touche à l’art pue l’encens du luxe, du superflu, de l’inutile. Cette idée reçue, sous-estimant par ailleurs la situation réelle d’un prolétariat poétique, encourage la sympathie pour des revendications catégorielles dont l’utilité sociale apparaît avec plus d’évidence que celle des « artistes ».       </span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Les modalités de vie qui président à la production non-utilitaire irritent, du moins tant que la société ne leur délivre pas une reconnaissance statutaire certifiée par un gain. Le travail subjectif inqualifiable, mais non pas non-qualifié, sera reconnu à partir du moment où il est récompensé par un salaire comme tout travail doit l’être pour être considéré.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Le salaire constitue aujourd’hui la principale raison sociale du travail tant que l’on assimile du moins travail et emploi. On se refusera à décerner le titre de profession à un travail non-rémunéré. Il est déclassé aussitôt au rang d’une activité dilettante. La notion de profession, en amalgamant souvent à tort statut et compétence, induit une appréciation sur la qualité du métier exercé. En réalité, elle révèle le dédain en laquelle est tenue l’activité non-rémunérée, même si ceux qui la font en pure perte, sont souvent capables de le faire avec le même, sinon davantage de professionnalisme, que les professionnels patentés. Ainsi, dans les mentalités, la caution morale que représente la valeur du travail/emploi prime sur le contenu de l’activité elle-même. La qualité et le sens d’un travail sont ainsi recouverts par la référence exclusive au revenu.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Une parenthèse à ce point. L’économie ne se préoccupe pas du néant de ses œuvres, la pétulance du vide s’y confond avec le cliquetis rageur des espèces sonnantes. A cela que l’exigence de croissance ne recule devant rien si elle aboutit à l’expansion indéfinie de services et de besoins trouvant acquéreurs. De la même manière que ce qui se vend ou fait vendre est devenu le critère de la moralité des affaires, n’importe quelle aptitude humaine doit être transformée en emploi. Lubies et hobbys se doivent de devenir lucratifs, et peu importe qu’ils déclinent des professions farfelues comme psychanalystes pour chats, <i>resocialisateurs</i> d&rsquo;animaux de compagnie, thérapeuthes orthophonistes pour végétaux ou galeristes spécialisés dans l’art excrémentiel… Au bout du compte, comme le souligne André Gorz, la personne est aujourd’hui incitée à se percevoir elle-même comme capital, de telle manière que l’autoexploitation de l’individu par lui-même remplace peu à peu l’exploitation du travail humain par le capital.<b> </b>Il s’agit là d’un détournement assez éloquent de la production de soi. Comme le dit encore André Gorz : « la production de soi a perdu son autonomie. Elle n&rsquo;a plus l&rsquo;épanouissement et la recréation de la personne pour but, mais la valorisation de son capital humain sur le marché du travail. Elle est commandée par les exigences de &laquo;&nbsp;l&rsquo;employabilité&nbsp;&raquo; dont les critères changeants s&rsquo;imposent à chacun. Voilà donc le travail de production de soi soumis à l&rsquo;économie, à la logique du capital. Il devient un travail comme un autre, assurant, à I&rsquo; égal de l&rsquo;emploi salarié, la reproduction des rapports sociaux capitalistes. Les entreprises ont trouvé là le moyen de faire endosser &laquo;&nbsp;l&rsquo;impératif de compétitivité&nbsp;&raquo; par les prestataires de travail, transformés en entreprises individuelles où chacun se gère lui-même comme son capital. »</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><b>La production de soi : une notion subversive et subvertie </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Faire état d’un travail gouverné par le principe de plaisir et l’autre soumis au principe de réalité, ce n&rsquo;est pas opposer naïvement liberté individuelle et sujétion sociale. Rappelons ce paradoxe, à savoir qu’on se libère aussi du travail en travaillant. Opposer au travail contraint l’épanouissement personnel est un argument sans doute insuffisant s’il s’agit de formuler une pensée politique de la production de soi capable d’atténuer la domination du rapport salarial au travail. D’autant plus, qu’il paraît difficile à première vue de distinguer entre le travail aliéné aux buts de la société salariale et le travail qui en est libéré. La production de soi s’est déplacée aujourd’hui du travail vers la consommation, ce qui rend le problème encore plus épineux. Sans compter encore que, dans bien des cas, le travail contraint est préférable à l’angoisse éprouvée par l’individu en situation de non-emploi, car il demeure la source principale de l’estime de soi, la condition d’intégration au monde normal et le seul rempart à l’incertitude matérielle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">La notion d’aliénation évoquée succinctement n’est plus guère en vogue dans les terminologies idéologiques actuelles. Elle est sans doute à manipuler avec précaution. Si elle a le sens de &laquo;&nbsp;céder sa liberté&nbsp;&raquo; en échange d’un avantage ou d’une soumission, on peut se montrer réservé quant à sa signification littérale et radicale: &laquo;&nbsp;devenir autre ou être étranger à soi-même&nbsp;&raquo;. Surtout si on a à l’esprit l’affirmation rimbaldienne &laquo;&nbsp;je est un autre&nbsp;&raquo; qui ouvre à la conscience des horizons qu’elle ne se reconnaît pas, mais qui la prolongent et la réalisent dans un rapport à l’altérité, l’autre qu’on découvre en soi et le soi qui n’existe que dans une relation à l’autre.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Tout ceci pour dire que la valeur &laquo;&nbsp;travail&nbsp;&raquo; est ambivalente en ce qu’elle en réfère à des réalités contrastées. En théorie comme en pratique, la production de soi pose des problèmes ardus dès qu’il s’agit de préciser la nature des alternatives qu&rsquo;elle offre concernant d’autres manières de vivre et de produire. Il faut reconnaître, dans la perspective ouverte par Hegel et Marx, que l’autopoïèse privilégie une valeur anthropologique et sociale du travail qui prime sur sa fonction économique en prenant ses distances avec la conception instrumentale du travail: le travail pour lequel je suis un moyen et qui est seulement un moyen pour moi.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Mais c’est à juste titre qu’Alain Caillé prévient du danger qu’il y aurait à percevoir la production de soi comme une forme d’autisme, d’assoupissement dans l’égoïsme, rejetant la valeur sociale d’un travail qui, même s’il est assujettissant, n’en permet pas moins la participation de l’individu à la vie de la cité par son pouvoir d’objectivation, empêchant ainsi la réclusion du sujet dans la sphère privée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">La production de soi, dans sa formulation même, peut susciter des malentendus qu’il s’agit d’éclaircir tant il est exact que les attaques portées contre la société salariale peuvent alimenter des convictions glauques. Quand Christine Boutin élève une voix originale et dissonante sur la nécessité de statuer sur des activités socialement utiles qui inscrivent l’activité de la personne en dehors des critères de reconnaissance salariale, son analyse est pertinente, mais la nature des mesures qu’elle propose dévoilent vite l’inanité d’une pensée politique familialiste qui veut ramener les femmes au foyer, en rémunérant l’activité domestique dont le travail salarié les avait justement éloignées et libérées à sa manière tout au long du XX<sup>ème</sup> siècle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">A ce point, je ferais plusieurs remarques.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">La première est que la production de soi ne se limite pas au domaine électif qu’on serait tenté de lui attribuer: l’art, l’artisanat ou les professions intellectuelles<sup>2</sup>. Elle désigne l’activité vivante qui confère un devenir au sujet dans la temporalité propre à une œuvre s&rsquo;accomplissant dans quelque domaine que ce soit. Dans les systèmes productifs, dont l’efficience repose sur l’hétéronomie, tout ce qui ne participe pas directement du travail fonctionnel attente au rendement et introduit de la discontinuité, risque qu’il faut prévenir par tous les moyens. Pour le salarié qui pointe, le travail condamne à l’attente du non-travail dont l’ennui en dilate interminablement la durée. Le rapport au temps est celui d’un soulagement concédé parcimonieusement par un régime d’obligations inflexibles.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Dans l&rsquo;activité artistique, à l’inverse, comme dans toute activité où comme dit Lacan « la fondation d’un savoir est que la jouissance de son exercice est la même que celle de son acquisition », le temps perdu n&rsquo;existe pas. Les produits enfantés par la créativité ont besoin de la discontinuité, de l’échec, du recommencement et de la latence comme autant de ressorts nécessaires à leur élaboration, un peu comme la valeur du silence en musique, lorsque la respiration muette prolonge le son en l’abolissant.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Autre remarque, l’augmentation du temps libre consécutive à la diminution du temps de travail est-elle aujourd’hui en mesure d’abattre les cadres de la société salariale traditionnelle? On peut en douter. La réduction du temps de travail représente un progrès social mais à la condition que, pour les mentalités, l’espace de vie en dehors du travail cesse de coïncider avec l’espace des loisirs. L’offre en loisirs apparaît, au contraire, comme une façon d’intégrer le temps libre à la société salariale, car ce temps, dont le tout-venant bénéficie, le prédestine en premier lieu aux pratiques de consommation. La formule &laquo;&nbsp;travailler moins pour vivre mieux&nbsp;&raquo; est censée traduire une aspiration légitime et profonde des salariés. Mais rien, dans les signes épars de cette aspiration au temps libre, n’augure d’un mode de vie en rupture avec la société salariale. Car la plupart des slogans qui cherchent à interpréter un rééquilibrage entre le temps de travail et le temps de vie tiennent pour acquise la négativité du travail en espérant seulement qu’on réussira à lui concilier un espace d’expression personnelle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Il existe cependant une différence cruciale entre la tendance à vouloir disposer de davantage de loisirs et l&rsquo;aspiration à employer le temps libre à des activités que les individus font pour eux-mêmes; des activités suffisamment attrayantes que l’intérêt qu’elles leurs inspirent minimisent à leurs yeux l’importance des avantages qui découlent du travail/emploi. Cependant, les activités sur mesure que les individus se choisissent à la mesure d’un désir ou d’un talent peu conformes à des professions honorables recensées par le marché de l’emploi, demeurent à risque et exposées à la précarité. En plus, rien n’est fait aujourd’hui pour favoriser l’émergence d&rsquo;espaces de production, de recherche et d&rsquo;expérimentation constituant des opportunités pour des collectifs de promouvoir des formes de coopération autonomes et d’échanges informels selon des règles fixées par eux. On objectera que les œuvres associatives remplissent ce rôle. Mais le cadre associatif qui doit être réformé, où le bénévolat limite l’investissement personnel à une activité auxiliaire additionnée au travail légal, n’est guère en mesure de procurer un revenu substantiel et un statut social dignes de ce nom.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Le fait que, seule la rémunération dans le cadre contractuel de l’emploi définisse la valeur d’un travail, nie la pertinence de toute activité dont le salaire n’est pas l’efficace. A la suite, tout ce que l&rsquo;individu peut produire de lui-même, tout ce que le sentiment de sa propre liberté lui intime de faire ou de refuser de faire en dépit des conseils que des idéologies travaillistes diffuses lui prodiguent pour son bien, est ravalé au niveau d’une rêverie qui égare ou d&rsquo;une adolescence tumultueuse appelée de toute façon à rentrer dans le rang. Tout ce qu&rsquo;une vie recèle de talents inavoués, l&rsquo;embrasement d&rsquo;un élan vite stoppé par les calculs d’un plan de carrière, tout cela vaut peu par rapport à ce que chiffre la fiche de paye. Celle-ci, à chaque fin de mois, qualifie mon humanité en des termes si mesquins que beaucoup n’ont même plus la force d&rsquo;en rougir de honte.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Même si le pouvoir d&rsquo;achat sauve de la honte d&rsquo;être un pauvre, il reste à savoir si la nature du manque qui meut une vie humaine peut être circonscrite à travers l&rsquo;ensemble des besoins qui la déterminent en apparence à être ce qu&rsquo;elle est. Je crois, au contraire, que l’individu laisse subsister au cœur du système de verrouillage le plus affermi une indétermination et une turbulence qui expose ce dernier à la crise.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">La quête d’une gratification salariale dûment obtenue, dans la mesure où le salarié s&rsquo;acquitte de ses engagements avec l&rsquo;assiduité voulue par un employeur, n’a rien à voir avec la passion de qui travaille à perte, sans espoir d’un revenu ajusté au temps qu’il passe à une tâche qui a d’abord un sens à ses yeux. Pour la raison que ce qu’il fait et ce à quoi il voue son temps sans compter, suffisent à le rendre présent à lui-même et vivant pour les autres. On dira que c’est un luxe et cela l’est certainement. Mais ce luxe est si précieux: rien d’autre que la vie à vivre, que beaucoup n’hésitent pas à renoncer à un confort fastidieux en acceptant des conditions de vie qui, si elles sont moins reluisantes, leur permettent du moins de se consacrer à la production créatrice et autonome.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Car la terreur douce du travail n’est-elle pas celle-là: la désagrégation de l&rsquo;individualité productrice, la cessation de la générosité créatrice par sa dilution dans l&rsquo;anonymat d&rsquo;une force de travail cherchant acquéreur?</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> Yovan Gilles</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> <span style="font-size: small;"><sup>1</sup>En Occident, de Blake à Hölderlin, de Lautréamont à Valéry et à Heidegger, les tentatives n’ont pas manqué pour sauver la poésie de conceptions navrantes qui bornent son influence à la pensée littéraire. Ils pressentaient à titre divers que la condition poétique enveloppe la condition humaine. Le poïéma ou poème, n&rsquo;est qu&rsquo;un substantif dérivé de la racine &laquo;&nbsp;poï&nbsp;&raquo; (faire) qui renvoie à la dimension pragmatique de la créativité évoquée par Daumal. Mais chez les Hellènes, la poïésis marque également la souveraineté de celui qui, parce qu’il crée quelque chose, échappant ainsi à la condition servile de qui est condamné à reconduire sa survie de jour en jour, peut se consacrer à l’essentiel, c’est-à-dire au superflu. C’est pour cela que la poïésis désigne le travail qui est création, le seul travail qui, pour les Grecs, valait la peine d’être entrepris et qui, pour cette raison, n’est plus un travail au sens du ponos, le travail pénible qui ne tire pas sa justification de lui-même.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"> <sup>2</sup>Au XIX<sup>ème</sup> siècle, lorsque le système des fabriques a substitué à la production sensible la mécanisation des tâches de production, la notion d’œuvre ou d’ouvrage s’efface progressivement pour laisser la place au produit manufacturé; l&rsquo;ouvrier fait sa révérence: il est devenu un travailleur. Aux corps de métiers se substituent les masses laborieuses. La classe ouvrière &#8211; la classe de ceux qui œuvrent &#8211; conservera de moins en moins cet héritage de la production de soi, du métier, de l&rsquo;art que l&rsquo;on dispense selon certaines règles et sous certaines conditions attenantes à l’éthique du métier.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: small;"> </span>                                             </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> </span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesperipheriques.org/2017/03/31/la-condition-oeuvriere-par-yovan-gilles/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Blog d’un écologue : juillet 2012</title>
		<link>http://blog.lesperipheriques.org/2012/08/07/blog-d%e2%80%99un-ecologue-juillet-2012/</link>
		<comments>http://blog.lesperipheriques.org/2012/08/07/blog-d%e2%80%99un-ecologue-juillet-2012/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 Aug 2012 14:06:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Les peripheriques vous parlent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Blog d’un écologue]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et Société]]></category>
		<category><![CDATA[Les périphériques &co]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversite]]></category>
		<category><![CDATA[energie verte]]></category>
		<category><![CDATA[gaz a effet de serre]]></category>
		<category><![CDATA[Jean luc menard]]></category>
		<category><![CDATA[nuisibles]]></category>
		<category><![CDATA[rechauffement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[reforestation]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesperipheriques.org/?p=947</guid>
		<description><![CDATA[Abeilles domestiques non indispensables En Grande Bretagne, les abeilles domestiques ont diminué leur pollinisation de moitié depuis 1980. Dans le même temps, les plantes cultivées nécessitant une pollinisation ont cru de 14% en moyenne. Pourtant, aucune diminution de récolte, due à des difficultés de pollinisation, n’a été enregistrée sur cette période, ni en Grande-Bretagne, ni [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Abeilles domestiques non indispensables</h2>
<p>En Grande Bretagne, les abeilles domestiques ont diminué leur pollinisation de moitié depuis 1980.</p>
<p>Dans le même temps, les plantes cultivées nécessitant une pollinisation ont cru de 14% en moyenne.</p>
<p>Pourtant, aucune diminution de récolte, due à des difficultés de pollinisation, n’a été enregistrée sur cette période, ni en Grande-Bretagne, ni ailleurs sur la planète où cette double évolution s’est généralisée ces trente dernières années.</p>
<p>Cela est peu surprenant : depuis des dizaines de millions d’années qu’elles existent, les plantes ayant besoin d’une pollinisation (concombre, cerise, trèfle, noix, courge, pastèque, luzerne, oignon…) ont eu recours à des pollinisateurs sauvages, et ce bien avant l’invention des ruchées par l’espèce humaine il y a environ une dizaine de milliers d’années.</p>
<p>Parmi eux, les méconnus syrphes occupent une place significative.</p>
<p><span id="more-947"></span></p>
<p>Ces 5000 variétés de mouches que la nature déguise en abeilles, guêpes…, sont de très efficaces pollinisateurs en raison de leurs systèmes immunitaires à la fois plus complets et plus robustes que ceux des abeilles de ruches.</p>
<p>Les 250 espèces de bourdons contribuent également à compenser la moindre pollinisation des pensionnaires des apiculteurs : par exemple, leur intervention accroît de moitié les récoltes de tomates.</p>
<p>Quant aux abeilles sauvages, les 19200 variétés dénombrées à ce jour assurent une part prépondérante de la pollinisation d’une foule de plantes.</p>
<p>En Libye, celles de l’oasis de Koufra reçoivent, sans interruption depuis 10000ans, la visite d’abeilles dépourvues de parasites et dotées de gènes qui leur sont particuliers.</p>
<p>Essentiellement carnivores, les guêpes sauvages jouent un rôle plus effacé dans la pollinisation, à l’exception du fruit de la passion et de la figue que quelques espèces pollinisent avec succès (l’association guêpes /figuiers durant depuis 80 millions d’années).</p>
<p>C’est donc tout naturellement que l’ensemble de ces pollinisateurs sauvages s’est substitué aux déclinantes colonies d’élevage, continuant ainsi le fructueux mutualisme les liant à bien des végétaux.</p>
<p>Cependant, ces champions de la pollinisation ne sont pas épargnés par les comportements humains inappropriés.</p>
<p>Bien que ne concernant que des aires géographiques spécifiques, il a été constaté, autour de sites industriels Britanniques et Polonais, une baisse de moitié de la population d’abeilles sauvages du fait de leur contamination par des métaux lourds.</p>
<p>Plus inquiétant, 11 de leurs variétés ont été trouvées porteuses de virus en provenance d’abeilles domestiques dans trois états Américains : Illinois, New-York et Pennsylvanie.</p>
<p>Il a été démontré que le transfert des dits virus s’effectuait lorsque les occupantes des ruches les déposaient involontairement sur le pollen recueilli par ces pollinisateurs sauvages.</p>
<p>Si de telles contaminations prenaient de l’ampleur, la pollinisation planétaire serait alors réellement en danger, beaucoup plus que si les ruchées disparaissaient : le concours de ces dernières semble en effet être si modeste dans cette activité qu’aucune évaluation scientifique n’a été menée pour la mesurer.</p>
<p>Outre les indéniables impacts de plusieurs pesticides sur les colonies d’abeilles domestiquées, des facteurs intrinsèques interviennent dans leur déclin.</p>
<p>L’importation incontrôlée de reines Asiatiques par les apiculteurs d’Europe et d’Amérique du Nord au cours des années 60 et 70 du 20<sup>e</sup> siècle a certainement été déterminante.</p>
<p>En effet, ces abeilles d’Extrême-Orient étaient porteuses de parasites contre lesquels, depuis des milliers d’années, elles ont trouvé des parades limitant leurs actions virulentes.</p>
<p>Ces parasites ont alors investi les ruchées Européennes et Nord-Américaines qui ne sont pas parvenues à les enrayer.</p>
<p>Cette invasion a affaibli leurs systèmes immunitaires qui ne furent plus alors capables de s’opposer à l’intrusion des molécules chimiques aujourd’hui incriminées.</p>
<p>Cette invasion est également à l’origine de la perte de vigilance des pensionnaires des apiculteurs.</p>
<p>En effet, les ruches sécrètent une bière de levure qui attire une variété de coléoptères : encouragés par l’absence de réaction des abeilles, ces derniers s’y sont de plus en plus souvent installés à demeure, finissant même parfois par en chasser leurs occupantes.</p>
<p>Enfin, le propolis n’est pas toujours le bienvenu dans les ruchées, les récoltants de miel trouvant que cette substance collante gêne leur travail.</p>
<p>Pourtant, ce mélange de résines végétales et de cire, que les abeilles domestiques disposent à l’intérieur et à l’extérieur des ruches, empêche efficacement la prolifération de champignons pathogènes : privilégier les colonies qui en produisent le moins dans le but de faciliter l’exercice de l’apiculture n’est guère propice à sa continuation.</p>
<h3> </h3>
<h3>Sources :</h3>
<p>- Bees’self medicate when infected with some pathogens, traduit en Français sur le site internet <em>Physorg.com</em>, 30.03.2012.<br /> &#8211; Abundance and diversity of wild bees along gradients of heavy metal pollution, <em>Journal of Applied Ecology</em>, 09.11.2011; <em>Physorg.com</em>, 29.id.<br /> &#8211; Pollination services in the U.K.: how important are honeybees? Agriculture, <em>Ecosystems and Environment</em>, 20.05.2011; <em>Physorg.com</em>, 16.06.id.<br /> &#8211; Honeybees may be responsible for viruses in wild pollinators, traduit en Français sur le site internet <em>Treehugger.com</em>, 28.12.2010.<br /> &#8211; Saharian bees survive 10000 years isolation, <em>Treehugger.com</em>, 22.06.2010.<br /> &#8211; Bee species outnumber mammals and birds combined, <em>Physorg.com</em>, 11.06.2008.<br /> &#8211; Hives ferment a yeasty brew which attract beetle pest, <em>Physorg.com</em>, 16.05.2007.</p>
<h2>Produits et comportements “verts”(1) : fiat lux!</h2>
<p>Les ampoules basse consommation passent pour avoir des vertus écologiques.</p>
<p>Pourtant, de nombreuses caractéristiques les concernant ne plaident pas en ce sens.</p>
<p>Le fait qu’elles produisent de la lumière plutôt que de la chaleur paraît être un avantage.</p>
<p>Cependant, dans les pays nécessitant du chauffage l’hiver, l’obligation de compenser la chaleur qu’émettaient les ampoules à incandescence va se faire sentir.</p>
<p>Autrement dit, les volumes d’énergies vouées au chauffage vont très certainement augmenter.</p>
<p>Par exemple, dans un pays comme la France où ce dernier est assuré pour les 2/3 par le fioul et le gaz (dont les combustions sont fortement émettrices de co2), cela va se traduire par une hausse de 3 millions de tonnes de co2 émis, accroissement dû au chauffage supplémentaire pour compenser le mini radiateur en moins que constituaient les ampoules à filament.</p>
<p>Est-ce que les volumes d’électricité vouées à l’éclairage vont diminuer grâce aux ampoules basse consommation ?</p>
<p>Rien n’est moins sûr.</p>
<p>En effet, depuis l’an 1700, chaque individu planétaire a constamment consacré 0,72% de son revenu annuel à son éclairage, et cela quelles que fussent les améliorations apportées, et a au total utilisé toujours plus de quantité de lumière artificielle.</p>
<p>Au surplus, par rapport à un adulte âgé de 20 ans, un enfant de 5 ans voit deux fois moins bien, et une personne de plus de 60 ans six fois moins bien.</p>
<p>Or, la structure démographique planétaire (de nombreuses personnes âgées dans l’hémisphère Nord, de nombreux enfants en bas-âge dans l’hémisphère Sud) ne correspond pas à l’utilisation généralisée d’ampoules dont la qualité de luminosité ne semble pas très probante.</p>
<p>Les composantes des ampoules basse consommation ne sont pas non plus très rassurantes.</p>
<p>Les ampoules fluocompactes (cf. : c compact fluorescent lamp) contiennent du mercure, dont la vapeur libérée après une cassure est supérieure aux normes admises, tandis que le champ électromagnétique dans un rayon de 20 cm autour de leurs culots est d’une puissance supérieure à celle acceptable.</p>
<p>Les diodes électroluminescentes (led : light-emitting devices) sont composées d’une douzaine de substances toxiques, parmi lesquelles figurent le plomb (jusqu’à 8 fois les niveaux autorisés), le phosphure d’indium (cancérogène), l’arsenic, etc., composés favorisant les déclenchements de maladies neurologiques, rénales, d’hypertension…</p>
<p>Les impacts sanitaires des ampoules basse consommation sont d’ores et déjà mesurables sur d’autres champs pathologiques.</p>
<p>Ainsi, comme il en va avec les équipements sans fil en général, l’électricité qu’elles génèrent contribue-t-elle à élever le taux de glycémie.</p>
<p>Quant aux diodes électroluminescentes, deux impacts sont à mentionner :</p>
<p>- l’effet photochimique liée à la lumière bleue qu’elles dégagent : les enfants dont le cristallin ne filtre pas encore certaines longueurs d’ondes trop énergétiques et les personnes atteintes de maladies oculaires peuvent être frappés de lésions rétiniennes ;</p>
<p>- la petitesse des diodes fait qu’elles émettent une lumière très concentrée, provoquant un éblouissement (celui-ci constitue d’ailleurs une catégorie reconnue de la pollution lumineuse)ayant pour conséquences :</p>
<p>- une moins bonne synchronisation des rythmes circadiens, c&rsquo;est-à-dire ceux d’une durée d’environ 24 h,</p>
<p>- 5 fois moins de production de mélatonines par la glande pinéale du cerveau, mélatonines elles-mêmes à l’origine de la production d’antioxydants et d’anticancéreux.</p>
<p>Au total, donc, un bilan bien peu écologique, surtout si l’on y ajoute la quantité d’énergie supplémentaire nécessaire à leur fabrication : 5 fois plus que pour celle des ampoules à incandescence, cet écart étant essentiellement attribuable à l’extraction des terres rares (terbium, lanthane, europium et néodyme) sans lesquelles les ampoules basse consommation ne peuvent fonctionner.</p>
<h3> </h3>
<h3>Sources :</h3>
<p>- Ce système n’est pas sans danger, <em>Le Parisien Economie</em>, 03.10.2011.<br /> &#8211; Danger to exposure to white light, traduit en Français sur le site <em>Newswise.com</em>, 11.09.2011.<br /> &#8211; Mercury vapor released from broken compact fluorescent light bulbs can exceed safe exposure levels, traduit en Français sur le site <em>physorg.com</em>, 06.07.2011.<br /> &#8211; Led products billed as eco-friendly contain toxic metals, <em>Physorg.com</em>, 10.02.2011.<br /> &#8211; Led promise brighter future, not necessarally greener, newswise.com, 24.08.2010.<br /> &#8211; La lampe à basse consommation, une idée faussement lumineuse,<em> Les Echos</em>, 10.03.2009.<br /> &#8211; Dirty electricity elevates blood sugar among electrically sensitive diabetics and may explain brittle diabetes, traduit en français dans <em>Biologie et Médecine Electromagnétique</em>, 06.06.20008.</p>
<h2>Mondialisation naturelle</h2>
<p>Le Montana est l’un des états Américains jouxtant le Canada.</p>
<p>Si ses habitants veulent savoir à l’avance quelles sortes de cultures pratiquer, au printemps, ou à quels genres d’activités récréatives ils vont pouvoir s’adonner à cette même période, c’est vers le large du Pérou qu’ils doivent se tourner.</p>
<p>En effet, une corrélation a été établie entre la température de la mer à 5500 km de cet état américain et la météorologie qui va l’affecter.</p>
<p>A partir de données ininterrompues entre 1901 et 2000, il s’avère que lorsque la température du Pacifique Péruvien est plus chaude que la moyenne de novembre à mars, le Montana connaîtra des conditions climatiques sèches et chaudes du mois de décembre de la même année au mois de juin de l’année d’après.</p>
<p>Au cours de ces 7 mois, elles se traduiront par une diminution de 20 % des précipitations et par au moins 20 jours de température extrêmement élevée.</p>
<p>Dans ces mêmes laps de temps respectifs, lorsque la température de l’océan baignant le Pérou est plus froide que la moyenne, une météorologie fraîche et humide prédominera dans cet état.</p>
<p>Il est probable que bien d’autres mondialisations naturelles soient à l’œuvre sur la planète, qu’elles soient issues de mécanismes existant depuis longtemps(le phénomène El Nino/La Nina dans cet exemple), ou qu’elles soient nouvellement créées par le réchauffement global.</p>
<h3> </h3>
<h3>Source :</h3>
<p>- Link discovered between Montana weather and ocean near Peru, <em>Physorg.com</em>, 22.07.2011.</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;">JEAN-LUC MENARD</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesperipheriques.org/2012/08/07/blog-d%e2%80%99un-ecologue-juillet-2012/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Menace sur nos neurones : Alzheimer, Parkinson</title>
		<link>http://blog.lesperipheriques.org/2011/11/08/menace-sur-nos-neurones-alzheimer-parkinson%e2%80%a6-et-ceux-qui-en-profitent/</link>
		<comments>http://blog.lesperipheriques.org/2011/11/08/menace-sur-nos-neurones-alzheimer-parkinson%e2%80%a6-et-ceux-qui-en-profitent/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 13:41:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Les peripheriques vous parlent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et Société]]></category>
		<category><![CDATA[Emissions Radio]]></category>
		<category><![CDATA[Les périphériques &co]]></category>
		<category><![CDATA[alzheimer]]></category>
		<category><![CDATA[marie grosman]]></category>
		<category><![CDATA[menace sur nos neurones]]></category>
		<category><![CDATA[parkinson]]></category>
		<category><![CDATA[roger lenglet]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesperipheriques.org/?p=819</guid>
		<description><![CDATA[Menace sur nos neurones : l&#8217;émission radio Livre à lire, à offrir, à faire lire impérativement. Menaces sur nos neurones de Marie Grosman et Roger Lenglet (paru aux éditions Actes Sud dans la collection &#171;&#160;Enjeux de société&#160;&#187;) est un livre décisif, qui procède à un état des lieux scientifique approfondi des causes de l’explosion des maladies [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<hr />
<p><a href="http://blog.lesperipheriques.org/emissionsradio/Periph-10-11-11 2.mp3"><strong><em>Menace sur nos neurones : l&rsquo;émission radio</em></strong></a></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" title="Menaces sur nos neurones" alt="" src="http://www.actes-sud.fr/sites/default/files/couv_jpg/9782742796083.jpg" width="259" height="428" /></p>
<p style="text-align: justify;">Livre à lire, à offrir, à faire lire impérativement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Menaces sur nos neurones</em> de Marie Grosman et Roger Lenglet (paru aux éditions Actes Sud dans la collection &laquo;&nbsp;Enjeux de société&nbsp;&raquo;) est un livre décisif, qui procède à un état des lieux scientifique approfondi des causes de l’explosion des maladies du cerveau, dénonçant l’attitude des autorités et la paralysie de la prévention. Et qui montre comment stopper cette pandémie. Il s’agit à la fois d’un véritable travail de recherche, appuyé sur une analyse rigoureuse des données, et d’un ensemble de révélations sur l’affairisme qui entretient le fatalisme : un voyage scientifique documenté et impeccable dans sa glaciale véracité. En témoigne la quarantaine de pages de notes et de références qui nous scotchent à nos réalités toxiques sans aucun répit. Bien fait pour nous ! Nous prenons ici la mesure de notre ignorance…</p>
<p style="text-align: justify;">Ce livre frappe donc avant tout par sa rigueur et l’approche très détaillée de chaque filière toxique, présentée d’une façon précise, à partir d’études ou vérifications qui sont pour la plupart cachées par les instances officielles ou restent confinées dans le cercle feutré des experts qui se gardent bien d’en parler dans les médias. On a beau se croire déjà «avertis», on doit reconnaître que ce livre est autant une découverte qu’une remise à niveau capitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’il s’agisse de la transmission de substances neurotoxiques par la mère à son enfant via le cordon ombilical et le placenta, à la contamination par l’eau que nous buvons, les milles manières des métaux lourds de s’installer durablement parmi nos neurones, des médicaments inefficaces mais délétères qui participent à cet empoisonnement, sans oublier les particules ultrafines polluant l’air et entrant sous nos crânes par l’escalier de service qu’est le nerf olfactif, les épandages de boues toxiques, les adjuvants des vaccins et d’autres encore… nous comprenons vite que nous vivons dans une bulle éminemment toxique. Et au-delà de la seule description du système, les auteurs nous amènent à comprendre comment en déjouer les pièges, collectivement et individuellement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que nous ignorons, et que ce livre met en lumière, c’est d’abord l’augmentation vertigineuse du nombre d’affections neuropsychiatriques au-delà de la maladie d’Alzheimer, et la manière dont les autorités ont laissé courir ces pandémies. On y découvre, par exemple, que la maladie de Parkinson touche, non seulement de nombreux agriculteurs, mais aussi monsieur Tout le Monde. Et que l’augmentation du nombre de malades d’Alzheimer n’est pas liée au vieillissement de la population, contrairement aux informations qui nous en sont données. Au fil des pages, l’ouvrage démontre qu’au-delà d’une apparente négligence des autorités, une connivence existe entre les décideurs politiques, les leaders médicaux et les industries du médicament, jusqu’à pointer précisément comment ces dernières planifient leurs bénéfices et les partagent entre soi, dans une joyeuse ambiance de spéculation commercialisant les maladies, et investissent sur la multiplication du nombre de malades prévue pour les prochaines décennies. De l’art de s’enrichir en prétendant prendre soin des victimes qu’on cause soi-même… Les preuves qui nous sont données ici sont accablantes.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" alt="panneaux" src="http://blog.lesperipheriques.org/wp-content/gallery/articles/panneaux.jpg" width="212" height="320" />Ce véritable «traité» de toxicologie et d’épidémiologie éclaire les abîmes de notre ignorance et nous réveille. On ne peut certes pas tout savoir et l’on craint communément de devoir se défendre de tout. Mais cette lecture est incontournable pour tous ceux qui préfèrent savoir comment faire reculer les causes neurotoxiques, plutôt que de les laisser s’installer en eux et continuer à faire des ravages dans la population. D’autant qu’au-delà du vertige ou des frayeurs que le lecteur peut éprouver dans un premier temps devant la dureté des vérités, il nous informe et nous oriente sur nos choix à venir. Résultat des courses : on est fasciné de bout en bout par la savante démonstration, on est dedans et on y reste. Et quand on la termine, on en sort changé : on se sent beaucoup plus fort. Cette révolution est parfaitement comparable à celle que l’on a vécue avec la découverte des microbes, d’abord refusée par le corps médical et l’opinion. Nous ne voulions accepter alors que des créatures invisibles à l’œil nu couvraient la surface du monde et dont certaines étaient la cause d’épidémies épouvantables de peste et de choléra tuant des millions de personnes. « On ne peut pas faire attention à tout et tout nettoyer tout le temps, laver nos mains entre chaque patient, et même nos ustensiles ! » se récriaient des médecins catastrophés. Changement de culture : il faut désormais aussi apprendre à se protéger des nouvelles molécules qu’on place dans notre environnement quotidien, dont certaines sont neurotoxiques à notre insu, quand d’autres sont cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques. Tout comme chaque virus qui est à l’origine de différentes maladies infectieuses. A ceci près que les auteurs indiquent un changement de paradigme : les toxiques chimiques interagissent entre eux, et beaucoup plus que ne le font les germes infectieux…</p>
<p><strong><br /> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span id="more-819"></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>La relation des choses entre elles </strong></p>
<p style="text-align: justify;">On découvre l’extraordinaire imbrication des facteurs concomitants, du cumul de causes, grandes et petites, qui produisent un cocktail explosif de toxicité sur nos neurones. L’évidence des preuves est patente, de même que celle des actions à mener. Marie Grosman et Roger Lenglet montrent que nous sommes à l’âge de la relation des choses entres elles, un âge propre bien sûr à la mondialisation économique, mais se déclinant ici en une constellation de productions toxiques qui circulent sur tous les continents et entrent dans tous nos espaces, sans les garde-fous nécessaires. Mondialisation économique = mondialisation toxique. Celles que, depuis une paire de décennies, nous avons pu pressentir comme des menaces sont aujourd’hui des réalités qui se croisent et s’imbriquent, développant leurs racines dans chaque filière : médicaments, pesticides, additifs alimentaires, etc. qui tenaillent la terre et les humains qui l’habitent.</p>
<p style="text-align: justify;">A travers ce livre nous percevons vraiment la fin de la linéarité, la fin de l’élément singulier à traiter singulièrement. Nous sommes connectés à un monde recomposé par des lobbies industriels et financiers, qui transforment tous les éléments pour les commercialiser sans égard pour la santé publique, diffusent les facteurs toxiques dans des réseaux auxquels il est difficile d’échapper, à moins d’apprendre à leur opposer des résistances habiles. Mais l’exercice est difficile si l’on considère l’air pollué que l’on respire, à l’eau aluminisée que l’on boit, la densité des ondes électromagnétiques qui saturent notre espace… Le résultat original de notre superbe civilisation est d’avoir introduit partout et dans une précipitation délirante, des dangers totalement inédits, alors que l’espèce humaine avait, en plusieurs millions d’années, à peine appris à connaître et à combattre certains dangers de la nature.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Cet automne, et assurément la sortie de ce livre y a contribué, quelques langues se délient, des études sont publiées, abordant des sujets tels que celui de l’inefficacité des médicaments contre l’Alzheimer et de leurs effets secondaires déplorables (clairement exposés par les auteurs). Il semble que les prises de conscience avancent, ou du moins, que les media osent enfin parler un peu plus de produits toxiques, de pesticides dangereux, de médicaments abusifs, bref, de notre cohabitation avec ces nouveaux poisons aussi divers que variés. Mais un autre des mérites de cet ouvrage est de nous montrer comment déjouer le flux incessant d’informations elles-mêmes toxiques parce que manipulées en vue de susciter des consensus passifs… Sa lecture nous incite à bien distinguer entre les sources et à puiser nos informations directement au cœur du milieu scientifique, plutôt que de nous contenter des articles édulcorés que diffusent les services communication d’un système affairiste, dont le seul objectif est de nous rassurer et nous pousser à consommer, chaque fois un peu plus, tout et n’importe quoi. Chemin faisant, nous découvrons que chacun d’entre nous peut entretenir une relation plus permanente avec le niveau de connaissances réel des scientifiques et y trouver de puissants motifs d’infléchir nos comportements, mais aussi de placer les décideurs devant leur responsabilité. Sujets économiques d’un système de consommation aveugle porté à son paroxysme, nous voyons avec quelle hostilité est perçue la simple idée de décroissance. Et ce, non seulement par certains économistes, qui devraient savoir analyser les limites ou nécessités du système, mais aussi, malheureusement, par les consommateurs eux-mêmes, pour lesquels elle signifie en réalité tout simplement consommer moins et échapper au processus de reconnaissance symbolique par la consommation. Car aujourd’hui la consommation plus que jamais ressentie comme nécessaire pour tenter d’exister en tant que sujet économique heureux et reconnu au sein de cette jungle mondialisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il existe un lien étroit entre toxicité et consommation : c’est sur la compulsivité de la consommation de produits en tous genres issus de la chimie (médicaments, vaccins, nourriture industrielle, produits d’entretien, produits de toilette&#8230;) que les toxiques prospèrent. Et c’est pour ne pas «effrayer» les citoyens-consommateurs et pour éviter leurs réactions critiques, voire judiciaires, que les pouvoirs publics et agences de surveillance, censés nous protéger, laissent couler les choses, permettant aux grands actionnaires des sociétés transcontinentales qui vendent ces produits d’augmenter leurs dividendes.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Des solutions</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comment dès lors « renverser la vapeur » ? En commençant, en priorité, par enseigner la toxicologie aux médecins, ainsi que l’art de réduire, voire d’éviter de susciter, les compulsions médicamenteuses. De même, nous pouvons exiger de nos députés européens un sérieux renforcement des règles existantes sur les composants chimiques, mais qui aille bien au-delà du système d’évaluation et d’autorisation actuel  qui reste encore très facilement contournable. Les auteurs du livre formulent également un grand nombre d’autres actions concrètes, faciles à mettre en œuvre et permettant de réagir individuellement et collectivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Un trop grand nombre de personnes tombent malades à cause d’une trop grande ignorance. Les forces persuasives du lobbying des géants économiques orientent les mentalités vers la consommation des produits utiles à leurs propres bénéfices et occultent les informations qui leur nuiraient à coup sûr. Le problème est bel et bien celui de la qualité de l’information qui nous est distillée insensiblement et en permanence. La question de la manipulation de ce type d’information nous renvoie à notre capacité d’interrogation critique sur notre relation à l’environnement. Prendre conscience réellement que l’eau ne coule pas spontanément pure de nos robinets, que la terre autrefois nourricière se transforme en un simple support aux produits de l’industrie agrochimique, et que l’air des villes ne se respire plus sans risques, ne va pas de soi. L’eau, la terre et l’air sont les conditions <em>sine qua</em> non de nos vies, et nous peinons à devoir réfléchir à ce que nous buvons, mangeons et respirons. Ceci est encore plus vrai pour les jeunes générations. Heureusement, progressivement, une prise de conscience émerge.</p>
<p style="text-align: justify;">Quel lien avec la démocratie ? Quand les auteurs démontent le puzzle infernal qui conduit les politiques et les autorités sanitaires à faire le jeu des industriels polarisés sur la rentabilité de cette clientèle captive que nous formons en tant que futurs malades, c’est bien à travers la question de santé publique, la question de la démocratie que ce livre nous oblige à regarder en face.</p>
<p style="text-align: justify;">Michel Foucault nous invitait à « voir autrement » ce qui est déjà là, avant de vouloir le changer. Et nous devons en effet regarder aujourd’hui comme révolue cette époque où pensions avoir l’air à respirer et l’eau à boire «tout naturellement». Après la révolution pasteurienne, nous devons faire notre révolution toxicologique. Attention : ces matériaux toxiques sont rentrés dans nos vies sur l’air du « progrès », de la volonté de puissance ou de l’amélioration esthétique, voire morale (déodorants, cosmétiques, matériaux toujours plus performants…). Ils s’installent au cœur de nos organes, en particulier de notre cerveau, comme la bande d’amis qui, dans <em>Orange mécanique, </em>prend possession des lieux pour les détruire. Comment allons-nous nous défendre ?</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Changer l’imaginaire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout cela nous oblige à aiguiser notre conscience et faire évoluer notre imaginaire du monde, ce qui peut impliquer une phase anxiogène, mais qui est le prix de notre lucidité et de notre capacité d’action. Nous pouvons nous sentir ignorants et innocents et/ou conscients et coupables, mais nous ne devons pas refouler cette prise de conscience. C’est pourquoi afin de défendre notre santé et notre capacité éthique dans ce monde lancé dans les transformations les plus inconséquentes, j’invite tout le monde à lire ce livre où se dessinent nos futurs comportements. J’invite également l’éditeur à publier une version simplifiée à l’usage des très jeunes générations, et à initier une campagne pour informer les adolescents de l’étrange chorégraphie dans laquelle ils devront mener la danse de leur vie. « Mieux vaut prévenir que guérir », et mieux vaut être vigilants que précautionneux. Sage chose que serait celle de pouvoir contrarier leur goût effréné des chips ou des bonbons aux additifs neurotoxiques comme la tartrazine et les métaux lourds. Quant aux adultes, il reste toujours vrai que savoir c’est pouvoir, c’est donc à vous de jouer.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Les auteurs </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Roger Lenglet est philosophe et journaliste d’investigation. Du philosophe apparaissent dans ce livre, à travers la sagesse de la preuve, la rigueur de la réflexion, les faits inattaquables et la statistique confirmée, de même que la volonté de ne jamais glisser dans la critique gratuite. De l’auteur, on apprécie l’élégance de l’écriture avec laquelle il nous guide dans la jungle des recherches en les rendant passionnantes. J’ajouterai un regard sur l’investigateur ne craignant de plonger au fond des eaux saumâtres quand il le faut, et l’homme, militant opiniâtre auquel il faut rendre hommage. Marie Grosman est scientifique et sa connaissance des dossiers, en particulier celui du mercure, est infiniment précieuse. Elle représente l’Europe des associations mobilisées dans ce domaine auprès de l’ONU, qui travaille actuellement à un traité international de 140 pays qui doit interdire de nombreux usages du mercure. Il faut saluer son courage de dénoncer publiquement les dessous de cette affaire dans un livre qui démontre abondamment combien de scientifiques préfèrent se taire malgré le résultat de leurs recherches.</p>
<p style="text-align: justify;">Chapeau aux auteurs pour cette prodigieuse enquête qu’ils approfondissent depuis quinze ans, parallèlement à leurs autres travaux. La balle est désormais dans le camp des citoyens qui vont devoir se retrousser leurs manches, non seulement pour le lire au plus vite, mais aussi pour s’organiser et exiger de toute urgence les changements nécessaires. Espérons qu’une prochaine édition nous proposera une préface «socio-philosophique» des auteurs, qui théorisera la révolution induite par ce livre, et qui permettra de suivre son impact notamment dans le milieu des associations de malades et au sein de la communauté médicale. Petite remarque sur le titre : son aspect « marketing » ne doit pas susciter de malentendu car son contenu n’a rien à voir avec de nombreux ouvrages à sensation qui sont à des années-lumière de celui-ci, aussi bien sur le plan scientifique que sur de l’analyse en profondeur qu’il mène sur la neurotoxicité de notre société (il a d’ailleurs failli s’intituler <em>La société neurotoxique</em>, nous a confié Roger Lenglet).</p>
<p style="text-align: justify;">Cristina Bertelli</p>
<p><strong>A lire aussi de Roger Lenglet :<br /> </strong><br /> &#8211; <a href="http://www.lesperipheriques.org/article.php3?id_article=555">L’indignation comme concept politique, dans <em>Les périphériques vous parlent</em> N°25 </a></p>
<p>-       <a href="http://www.lesperipheriques.org/article.php3?id_article=488">Corruption dans <em>Les périphériques vous parlent</em> N°22 </a></p>
<p>-       <a href="http://www.lesperipheriques.org/article.php3?id_article=648">Lobbyings industrialo-politiques, nanotechnologieset et écotoxicologie dans <em>Les périphériques vous parlent</em> N°33  WEB</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesperipheriques.org/2011/11/08/menace-sur-nos-neurones-alzheimer-parkinson%e2%80%a6-et-ceux-qui-en-profitent/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La corporation dans tous ses états</title>
		<link>http://blog.lesperipheriques.org/2011/02/11/la-corporation-dans-tous-ses-etats/</link>
		<comments>http://blog.lesperipheriques.org/2011/02/11/la-corporation-dans-tous-ses-etats/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Feb 2011 15:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[blog]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie et Société]]></category>
		<category><![CDATA[Emissions Radio]]></category>
		<category><![CDATA[Le travail en question]]></category>
		<category><![CDATA[lemoine]]></category>
		<category><![CDATA[travail democratie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesperipheriques.org/?p=658</guid>
		<description><![CDATA[Entretiens avec Philippe Lemoine (fondateur du Forum d&#8217;Action Modernités et PDG de LaSer) Emission radio la corporation dans tous ses états Pertinence et impertinence des enjeux démocratiques dans le monde du travail &#8211; L&#8217;évolution des organisations du travail -Irrationnel/conflit/pulsion : la part maudite de la rationalité économique &#8211; métamorphoses de la valeur et des identités [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Entretiens avec <strong>Philippe Lemoine</strong></strong></p>
<p style="text-align: center;">(fondateur du Forum d&rsquo;Action  Modernités et PDG de LaSer)</p>
<p style="text-align: center;"><img class="ngg-singlepic ngg-center aligncenter" src="http://blog.lesperipheriques.org/wp-content/gallery/catherine/dsc01356.jpg" alt="dsc01356" width="560" height="314" /></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.lesperipheriques.org/emissionsradio/PhilippeLemoine.mp3">Emission radio la corporation dans tous ses états</a></p>
<p style="text-align: justify;">Pertinence et impertinence des enjeux  démocratiques dans le monde du travail &#8211; L&rsquo;évolution des organisations du  travail -Irrationnel/conflit/pulsion : la part maudite de la rationalité  économique &#8211; métamorphoses de la valeur et des identités professionnelles &#8211;  quête et reconnaissance de soi au sein et en dehors des  organisations&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Cette émission est la première d&rsquo;un cycle qui se  poursuivra tout au long de 2011 dans le cadre de la démarche du collectif Travail et Démocratie1. Entretiens réalisés par Federica Bertelli, Damien  Trawale et Yovan Gilles.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>I)</em> <em>Une démarche portée par un collectif </em> A  partir de la réflexion que chacune et chacun formule sur le travail et les  enjeux de la démocratie en son sein, sur les modes d&rsquo;organisation du travail et  les préconisations diverses pour le transformer.  Comment mettre en commun nos forces, conjuguer nos réflexions, nos actions et  nos expériences, pour  que la question du travail redevienne <strong>centrale, politique, humaine, en un mot :  démocratique,</strong> et pèse dans les débats à l&rsquo;horizon des présidentielles de 2012  ? <strong></strong> <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La démarche <em>Travail &amp; Démocratie</em><strong> </strong>a émergé à l’occasion de la  constitution, en mars 2007, d’un groupe de réflexion  autour des thèmes du travail et de la<em> </em>démocratie  regroupant des chercheurs,  des associations, des consultants, des responsables de ressources humaines, des  ergonomes et médecins du travail, des personnels du comité d’hygiène, de  sécurité et des conditions de travail (CHSTC), des salariés, des représentants  syndicaux, des citoyens, des collectifs de salariés&#8230;<em> </em>Ces acteurs se sont réunis en se  demandant pourquoi il était si peu question du travail (et non de l&rsquo;emploi) dans  le débat public aujourd’hui ; du travail vu de l&rsquo;intérieur, des pratiques en  vigueur, des modes de travailler… Il leur est apparu que réfléchir sur le  travail faisait surgir une exigence de démocratie très souvent mise à mal ou, du  moins, bâillonnée par les urgences et les contingences, dans lesquelles ceux qui  travaillent se sentent en premier lieu immergés. Progressivement, le fait  d&rsquo;articuler ensemble les thèmes du travail et de la démocratie leur a permis de  se représenter sous un autre angle la question du travail, de sa valeur, de son  sens, au plan individuel et collectif. Ils se sont dit qu’il était urgent de se  saisir d’un débat qualitatif concernant la réalité des rapports sociaux au sein  du monde du travail, à la frontière de l’intime et du collectif. Le désir de  « transformation sociale » est sans doute sous-jacent à cette démarche qui  n&rsquo;ignore cependant rien des difficultés qui constituent l&rsquo;ordinaire de  chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis ce sont désormais plusieurs centaines de  personnes et structures qui se sont associées à la démarche et qui font  désormais partie du collectif<strong> </strong><em>Travail &amp; Démocratie </em>(*<em>)</em>. Le travail effectué depuis 2007 a  visé à répondre à deux problématiques principales :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Qu’en est-il aujourd’hui de la démocratie dans le travail  et du travail dans la démocratie ?</strong>
<ul>
<li><strong>Comment créer les dimensions collectives d’un large débat  autour du travail de façon à réinscrire la question du rapport social au Travail  dans le champ de la citoyenneté et de la délibération  publique ?</strong></li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Cette réflexion a débouché  sur la signature de l’appel<strong> </strong><em>Travail &amp; Démocratie</em>(**) par  plus de 600 citoyennes, citoyens ou structures (notamment des syndicats, des  comités d’entreprises, des médecins du travail, des ergonomes, des artistes des  responsables des ressources humaines…) qui ont par là même souscrits à la  problématique.</p>
<p style="text-align: justify;">Le  point d’orgue de la démarche a eu lieu le samedi 2 mai 2009, lors du premier  acte public du collectif <em>Travail &amp;  Démocratie, </em>à la Maison des Métallos à Paris lors d&rsquo;une journée qui avait  réuni plus de 450 participants.   Pour de plus amples informations sur cette  intiative, écrire à <a title="blocked::mailto:travail-democratie@lesperipheriques.org" href="mailto:travail-democratie@lesperipheriques.org">travail-democratie@lesperipheriques.org</a> ou 01 40 05 05 67</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesperipheriques.org/2011/02/11/la-corporation-dans-tous-ses-etats/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
<enclosure url="http://blog.lesperipheriques.org/emissionsradio/PhilippeLemoine.mp3" length="36002602" type="audio/mpeg" />
		</item>
	</channel>
</rss>
