Commentaire Blog d’un écologue - 15/11/11
Préventions efficaces des pathologies : biodiversités et milieux naturels.
Pris parmi de nombreux autres, voici trois exemples qui mettent en lumière la véracité de cet axiome.
- Le paludisme cause le décès de 800000 personnes chaque année.
Dans 54 districts de l’Amazonie Brésilienne, il a été montré que le déboisement de seulement 4% d’un territoire accroissait de 48% le nombre d’impaludés : en effet, Anophele Darlingui, moustique transmettant le virus, apprécie particulièrement les mares à découvert que la déforestation occasionne.
A l’ouest du Kenya, le poisson Tilapia a été reintroduit dans un lac : la population de moustiques vecteurs de la malaria y a alors diminué de 94%.
- Voilà longtemps que le virus du Nil Occidental a quitté l’Ouganda , son lieu originel d’activité.
Possiblement mortel (fièvres) ou provoquant des décès foudroyants(méningites), il a éssaimé, entre autres de nombreux pays, aux Etats Unis.
Là - bas, de patientes recherches ont démontré que s’il existe une diversité d’oiseaux s’équilibrant entre espèces, seul un volatile sur mille est infecté par ce virus : peu de transmissions aux humains se réalisent alors.
En revanche, lorsque les habitats aviaires sont mis à mal , les espèces hotes du VNO prolifèrent (geais, roselins, corneilles, moineaux, mainates, pinsons, …), tandis que disparaissent celles beaucoup moins enclines à l’accueillir (cailles, perruches, oies, pics, foulques, faisans, …)
- Toujours aux States, la maladie de Lyme (arthrites , paralysies faciales, encéphalites) est favorisée par l’incessant étalement urbain.
Ce dernier est à l’origine de la disparition de l’oppossum , peu affecté par les tiques porteuses de la bactérie Borrelia burgdorferi transmettant cette pathologie aux humains , alors que prolifèrent les souris à pattes blanches qui en sont des gites privilégiés, car il y a de moins en moins d’oppossums pour les manger.
Ces constats sont certainement généralisables à l’ensemble des espèces animales et végétales présentes sur la planète.
En effet, les variétés les plus résistantes à la détérioration de leurs milieux sont aussi celles qui constituent les meilleurs réservoirs et les plus efficaces transmetteurs d’agents infectieux.
Cela est vraisemblablement du au fait que virus et parasites investissent en priorité les organismes vivants en accueillant le plus : du fait de l’apre concurrence qui y règne, ils en attendent un enrichissement des gènes à transmettre à leurs descendants.
A leur tour, les organismes particulièrement infestés  développent des immunités supplémentaires qui leur permettent de s’adapter à des environnements dégradés.
Sources :
- Moins d’espèces , plus de maladies infectieuses (Le Monde, 15.12.2010).
- Loss of species large and small threatens human health (Nature, 02.12.2010, disponible en Francais sur le site internet de Science Daily, du 01.idem).
- Biodiversity loss : detrimental to your health (disponible en français sur Physorg.com, 01.12.2010.
- Incidence of malaria jump when Amazon forests are cut (Emerging Infectious disease , 16.06.2010 ; Physorg.com, idem).
- Biodiversity loss can increase infectious diseases in humans , bioscience , 07.12.2009 (Science Daily, 06. idem).
- Bird diversity lessens human exposure to West Nile Virus, Physorg.com 06.10.2008.
- Increased avian diversity in associated with lower incidence of human west nile infection, PLOS one, 25.06.2008 (Physorg.com, idem).
- Edible fish feasts beats malaria, (Physorg.com 09.08.2007).
Eco(cide)tourisme(2)
Les montagnes représentent 24% des terres émergées.
Leurs stations de sports d’hiver subissent les conséquences du réchauffement global : la plupart d’entre elles recourent à l’enneigement artificiel de mi-décembre à mi-avril.
Dans les Alpes Européennes , 70 millions de touristes affluent dans les 666 stations se partageant ce massif montagneux.
En Autriche, 35%du domaine skiable fait appel à la nivoculture, 70% en Italie.
En France, 20 milliards de litres d’eau sont annuellement  consacrées à la production de neige artificielle, 1 milliard supplémentaire chaque année, aspirant 60% du débit des rivières dont les cours sont alors au plus bas .
Très gourmands en énergie, les canons à neige engloutissent 300 millions de watt chaque hiver, contribuant ainsi à la nécessité d’avoir du multiplier par trois la puissance électrique installée dans les stations Francaises.
Meme dans une zone mondiale en déficit structurel d’eau depuis douze ans, à savoir celle de Pékin, l’engouement pour le ski y confine à la frénésie.
Tout au long de l’année, la dizaine de stations sises aux alentours de la capitale Chinoise ne désemplissent pas chaque week-end.
Elles sont entièrement enneigées à coups de canon, alors qu’il manque annuellement 515 millions de m3 d’eau dans cette région.
Ou que ce soit sur la planète, c’est lorsque fond cette neige souvent fabriquée avec de l’eau douteuse que d’autres conséquences se manifestent.
Tout d’abord, un véritable déluge de pollution : une concentration élevée de polluants organiques persistants provenant d’isolants de cables téléphoniques , de vetements hydrofuges , de peintures et revetements , etc… est alors disséminée.
Ensuite , une bactérie, Pseudomonas Syringae, est utilisée pour sa capacité glaciogène qui augmente le rendement de la neige artificielle : lorsqu’elle fond, cette bactérie se répand dans les cultures de concombres, tomates, haricots, pois, prunes, abricots, pommes, …, dont elle est très friande, y causant d’importants dommages.
Par ailleurs, le bilan carbone de la nivoculture est désastreux : chaque HA artificiellement enneigé suscite l’émission de 8 tonnes de co2.
En outre , la présence massive de touristes se situe à un moment ou la production d’électricité est la plus carbonée, car d’origine thermique quand les retenues de barrages sont gelées.
Cela se traduit par l’émission de 240 KG de co2 par chaque personne séjournant une semaine dans une station de sports d’hiver(contre 80 KG en restant chez soi), atteignant 4,6 tonnes pour chaque individu s’adonnant à deux semaines d’héliski au Canada.
Ces impacts catastrophiques sur l’environnement n’ont pas empeché la survenance d’un double évènement très significatif :
- à l’automne 2010, Carmen de Jong, professure Allemande d’hydrologie et de climatologie, était exclue de l’Université de Savoie, alors qu’elle menait des travaux relatifs aux aspects ci-dessus évoqués.
- au printemps 2011, le Ministère de l’Environnement décernait un premier prix récompensant des recherches pronant l’utilisation des eaux usées dans la fabrication de neige artificielle.
Sources :
- Produire de la neige avec les eaux usées, Métro, 16.06.2011
- Dark side of spring ? Pollution in our melting snow (Université de Toronto), Physorg.com, 28.03.2011
- Mauvase neige, Le Monde, 09.03.2011
- La sécheresse accentue le déficit en eau de Pékin, Le Monde, 30/31.01.2011
- Ambiance glaciale à l’Université de Savoie, Le Canard Enchainé, 14.10.2010
- La neige artificielle pas canon pour l’environnement, 20’, 22.09.2010.
Facétieuse nature
Que deviennent les carcasses de baleines, requins, cachalots… qui, ayant échappé aux filets de la surpeche , décèdent dans les milieux naturels qui les ont vus naitre ?
Eh bien , meme leurs os ne sont pas gaspillés : 17 variétés de vers marins de type osedax s’en régalent.
Opérant jusqu’à 3000m de profondeur, ces créatures sont pourtant dépourvues de bouches, d’intestins et d’anus, cruels manques pour qui a besoin de manger et digérer…
Heureusement, de bienveillantes bactéries leur permettent l’accès à ces os de mamifères marins et leur en facilitent la digestion.
Cette symbiose en cache une autre : chaque femelle osedax abrite en elle environ 75 males beaucoup plus petits, de quoi être sûre d’assurer une reproduction régulière.
Les mamifères marins ne sont pas prets de faire de vieux os.
Sources :
- Deep-sea worms eat found to eat fish bones , Biology Letters , 13.04.2011 (Physorg.com, 14 idem)
- The bizarre life of bone-eating worms , BMC Biology , 09.11.2009 (Physorg.com,idem)
- A unique marine symbiosis is studied , Physorg.com, 23.09.2005.
JEAN-LUC MENARD

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Ce véritable «traité» de toxicologie et d’épidémiologie éclaire les abîmes de notre ignorance et nous réveille. On ne peut certes pas tout savoir et l’on craint communément de devoir se défendre de tout. Mais cette lecture est incontournable pour tous ceux qui préfèrent savoir comment faire reculer les causes neurotoxiques, plutôt que de les laisser s’installer en eux et continuer à faire des ravages dans la population. D’autant qu’au-delà du vertige ou des frayeurs que le lecteur peut éprouver dans un premier temps devant la dureté des vérités, il nous informe et nous oriente sur nos choix à venir. Résultat des courses : on est fasciné de bout en bout par la savante démonstration, on est dedans et on y reste. Et quand on la termine, on en sort changé : on se sent beaucoup plus fort. Cette révolution est parfaitement comparable à celle que l’on a vécue avec la découverte des microbes, d’abord refusée par le corps médical et l’opinion. Nous ne voulions accepter alors que des créatures invisibles à l’œil nu couvraient la surface du monde et dont certaines étaient la cause d’épidémies épouvantables de peste et de choléra tuant des millions de personnes. « On ne peut pas faire attention à tout et tout nettoyer tout le temps, laver nos mains entre chaque patient, et même nos ustensiles ! » se récriaient des médecins catastrophés. Changement de culture : il faut désormais aussi apprendre à se protéger des nouvelles molécules qu’on place dans notre environnement quotidien, dont certaines sont neurotoxiques à notre insu, quand d’autres sont cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques. Tout comme chaque virus qui est à l’origine de différentes maladies infectieuses. A ceci près que les auteurs indiquent un changement de paradigme : les toxiques chimiques interagissent entre eux, et beaucoup plus que ne le font les germes infectieux…
