Endurance

Le traquet motteux a le poids d’un moineau sous-alimenté : 25 grammes.

Pourtant, ce passereau insectivore accomplit chaque année une migration de 29 000 kms, en en parcourant à peu près 290 chaque jour.

S’il y consacre beaucoup d’énergie, il n’en dépense aucune à construire son nid : ripicole (nichant dans des crevasses de rochers), ou terricole (occupant d’anciens terriers de lapins), il s’assure ainsi une reproduction régulière.

Les environ 2,9 millions de traquets motteux actuellement présents sur la planète vont cependant devoir peut-être modifier leurs comportements.

De même que pour d’autres espèces migratoires, le réchauffement climatique change la donne : bien des migrateurs renoncent en effet à ces coûteux voyages, car ils bénéficient désormais de conditions thermiques proches de celles qu’ils allaient auparavant chercher ailleurs.

Ces économies d’énergie se traduisent alors par des améliorations en matière de nidification, diversité nutritive, protection des oisillons, etc., même si des pathologies inédites peuvent leur poser problème.

En effet, demeurant aux mêmes lieux en permanence, ils sont parfois exposés à des virus ou des parasites qui se manifestent à des périodes durant lesquelles ils en étaient absents.

Toutefois, même si les premiers temps d’espèces devenues sédentaires se sont révélés difficiles à cet égard, des adaptations ultérieures à ces nouvelles maladies leur ont souvent permis de les surmonter et de tirer un parti globalement positif de l’arrêt des énergivores migrations.

 

Source :

Feather weight songbird is a long-distance champ, traduit en français surwww.physorg.com, 15/02/2012

 

Produits et comportements « verts » (10) : la voiture électrique

Reconnue généralement comme un mode de transport d’avenir, la voiture électrique fait l’objet de colossaux investissements depuis une bonne dizaine d’années.

Pourtant, c’est à la fois un futur et un présent déjà bien incertains qui se dessinent pour ce type de véhicule, marqué par des matières premières aux quantités limitées et des dysfonctionnements à répétition.

Le lithium a été choisi pour les batteries, car ce métal est le plus léger de tous et qu’il permet leurs recharges en un court laps de temps.

Il en faut malgré tout 40 kg par batterie.

Or, de nombreux autres secteurs d’activités nécessitent du lithium pour fonctionner : les milliards de produits électroniques fabriqués chaque année (ordinateurs, téléphones portables, tablettes, smartphones, …), comme les lubrifiants, la pharmacie, l’optique, etc…, qui absorbent 67% des 20 000 tonnes de lithium produites annuellement.

Il en reste donc 33 % pour les véhicules électriques, soit 4 600 tonnes : à 40 kg indispensables pour chaque batterie, cela donne une production annuelle possible de 115 000 voitures électriques…, bien éloignée des 76 millions de véhicules neufs vendus chaque année sur la planète.

De surcroît, nombre de minerais, à emplois obligés sur ce type de véhicules, sont d’ores et déjà en voie d’épuisement :

- Le graphite, minéral vital à la bonne marche des batteries, est en état critique ;

- Les dysprosium, neodyme et praséodyme, terres rares obligatoires pour les moteurs, sont en haut risque de pénurie, alors qu’il en faut 10 kg par voiture.

Etc.

Le présent n’est guère plus assuré que l’avenir : incidents de tous ordres émaillent en effet le quotidien d’un véhicule électrique.

Ce sont tout d’abord les usures prématurées de la batterie qui provoquent sa diminution de performance :

- Les charges et décharges continues du lithium causent dilatations et contractions des batteries, le lithium contenu affluant alors vers les particules d’oxyde d’étain qui composent l’électrode ; des fissures apparaissent dans ces particules, entraînant la déconnexion de l’électrode ;

- Le lithium poursuit sa migration vers le collecteur de courant de la batterie : il suffit que seulement 0,08 % de son volume s’y dépose pour faire chuter le rendement de celle-ci ;

- Les phases de charges et décharges de la batterie suscitent aussi de grandes variations des quantités de silicium contenues dans son électrode, ayant pour conséquence la diminution de la densité de l’énergie réelle ;

- Ces mêmes phases provoquent également l’accumulation de sel gemme qui détériore la batterie.

Etc.

Ce sont ensuite les incessants processus de charges et décharges qui altèrent les structures des matériaux présents dans la batterie (cobalt, manganèse, nickel,…), en modifiant ainsi les propriétés pour lesquels ils ont été choisis : il en irait de même avec d’autres minerais, métaux et terres rares qui leur seraient substitués.

Par ailleurs, les températures élevées régnant en permanence dans une batterie de voiture électrique mènent jusqu’à 19 % du lithium à devenir métallique.

Il se plaque alors sur l’anode de la batterie, ce qui induit des courts-circuits et un emballement thermique de l’intérieur vers l’extérieur de la batterie, alors que le lithium est un métal hautement inflammable…

C’est pourquoi :

- Des incendies de véhicules électriques, déclenchés par de banales collisionsavec des objets, ont pris jusqu’à deux heures et demi pour être maîtrisés : les cations à charges multiples sont en aluminium ou manganèse, métaux qui explosent lorsqu’ils sont en contact avec de l’eau, ne faisant ainsi qu’attiser les flammes… ;

- Sepuis 2012, le Service National de la Poste des Etats-Unis refuse d’acheminer des batteries en raison des risques élevés d’incendies ;

- En 2013, Mitsubishi a recommandé à ses heureux clients de ne pas recharger leurs voitures électriques.

D’une manière générale, le haut potentiel électrique nécessaire aux fonctionnements des batteries fait que se tenir à au moins 15 mètres de distance de la pompe de recharge est un sage comportement : en 2014 et 2015, 3 compagnies aériennes Américaines (dont United et Delta Airlines) ont refusé de continuer à transporter des batteries.

En effet, l’électrolyte, qui permet de faire circuler les ions entre l’électrode et la batterie, contient un liquide inflammable.

Des fuites répétées de ce liquide ont déclenché des incendies à bord d’appareils de fret, dont 2 ont mené à leurs pertes les équipages qui ont péri dans les flammes.

Etc.

Sur 1,2 milliard de véhicules sillonnant aujourd’hui les routes planétaires, heureusement qu’il n’y a qu’un million de voitures électriques…

De leur côté, les infrastructures indispensables à la circulation de ce type de véhicules ne sont pas non plus négligeables.

Dans la Silicon Valley, parc zootechnologique situé en Californie, deux entreprises, Sap et Infoblox, mettent voitures et pompes à la disposition de leurs salariés : en moyenne, 4 pompes sont nécessaires pour assurer le plein d’électricité d’un seul véhicule.

En France, actuellement, 48 000 pompes à essence fournissent l’approvisionnement de 40 millions d’automobiles, soit une pompe pour environ 833 véhicules.

S’il y avait demain 40 millions de voitures électriques, ce sont 10 millions de pompes à électricité qu’il faudrait, soit 208 fois plus.

En outre, une recharge de batterie d’un véhicule électrique nécessite autant d’électricité qu’une maison habitée pendant 7 heures : si 50 000 véhicules électriques rechargeaient simultanément leurs batteries en 10 minutes, la production nationale d’électricité n’y suffirait pas.

Pourtant, la première course ne réunissant que des véhicules électriques s’est déroulée aux U.S.A. en… 1895.

En 1910, 90 % du parc automobile mondial était composé de voitures électriques.

Ce n’est pas le lobby pétrolier qui a favorisé les véhicules à essence, mais l’impossibilité physique de stocker l’électricité.

Pas plus en 2015 qu’en 1910, cette possibilité n’existe.

Les divers artifices utilisés, par le passé comme aujourd’hui, ont été et sont toujours à l’origine des avanies ci-dessus décrites, entre de nombreux autres exemples.

L’avenir radieux promis à la voiture électrique est à l’image de sa situation dans un pays «  écologiquement avancé » tel l’Allemagne : 1 million de véhicules y était prévu en 2020, 24000 sont actuellement en circulation.

 

Sources :

- United Airlines won’t accept recheargable battery shipments, www.phys.org, 03/03/2015

- Air shipments of batteries questioned, www.phys.org, 02/12/2014

- Researchers observe the phenomenon of “lithium plating “during the charging process, www.phys.org, 03/09/2014

- Scientists prinpoint the creeping nanocrystals behind lithium-ion degradation, www.phys.org, 30/05/2014

- Degradation mechanisms uncovered in li-on battery electrolytes, www.phys.org, 20/03/2014

- Too many electrons at the lithiation front in silicon are a problem, www.phys.org, 07/03/2014

- Silicon Valley sees shortage of electric vehicles charge station, www.phys.org, 20/01/2014

- Electric cars slow to gain traction in Germany, www.phys.org, 28/05/2013

- Researchers observe sweeling of single-particle of silicon electrode for lithium-ion batteries during charging reaction, www.phys.org, 26/04/2013

- Mitsubishi Motors suffers fresh lithium battery setback, www.phys.org, 29/03/2013

- Lithium batteries central to Boeing’s 787 woes, www.phys.org, 17/01/2013

- New factor that could limit life of hybrid and electrioc car battery revealed,en français sur Science Daily, 12/12/2012

- Dysprosium : Achille’s heel of hybrid, electric vehicle and wind turbine, en français sur www.treehugger.com, 30/05/2009

- The trouble with lithium, William Tahil, en français sur www.meridian.org Meridian International Research, 2006

 

Précoces Impacts (2) : de multiples fragilisations

Passant souvent inaperçues, des conséquences invalidantes pour l’espèce humaine se manifestent pourtant dès maintenant du fait de ses dégradations environnementales.

Parmi beaucoup d’autres signaux d’alerte, l’augmentation des victimes de catastrophes « naturelles », les hausses des pathologies et de leurs précocités, les impacts alimentaires et les sapes de nombreuses infrastructures retiennent l’attention.

Aujourd’hui, les inondations, tornades, cyclones,… voient le nombre de leurs victimes planétaires s’accroître à un rythme 3 fois plus élevé que celui de l’augmentation de la population mondiale.

Idem pour les séismes : rythme de victimes 4 fois plus important que celui de la croissance du nombre d’humains.

Durant la décennie 1991/2000, l’ensemble des catastrophes « naturelles » avait causé le décès de 600 000 personnes : les mêmes phénomènes ont provoqué la mort de 250 000 individus dans la seule année 2010 (sur un total de 207 millions concernés par ces évènements cette année-là).

En 1960, 7 millions d’humains avaient été touchés par des inondations : 100 millions en 2010, soit 96,5 % de plus qu’en 1960, alors que la population mondiale s’est accrue de 56 % entre ces deux dates.

Etc…

C’est donc bien l’intensification du dérèglement climatique qui explique ces élévations des nombres de victimes, non la seule évolution démographique.

Egologie humaine et écologie planétaire ne font également pas bon ménage en matière de santé.

L’analyse de 217 zones urbaines mondiales a montré, qu’entre 1973 et 2012, ce sont 6 jours et 18 nuits extrêmement chauds supplémentaires qui ont été enregistrés en moyenne sur cette période.

Conséquemment, les durées d’hospitalisation dues à la chaleur augmentent de 16 %/an sur l’ensemble de la planète.

A l’été 2003, 72 000 personnes sont décédées en Europe, dont 15 000 pour la seule ville de Paris.

Chaque année, 100 millions d’individus âgés de plus de 65 ans périssent suite aux vagues de chaleur mondiales qui :

- Accroissent leurs pressions artérielles ;

- Sont amplifiées par les effets secondaires des médicaments actuellement prescrits pour les maladies neurologiques.

Entre 1980 et 2009, 1 500 Suédoises et Suédois sont morts de chaud : ce chiffre est modeste, mais qui aurait envisagé cette cause de mortalité dans un pays Scandinave ?

Sur toute la Terre, 3,1 millions de personnes la quittent annuellement par le manque d’eau que provoquent des températures anormalement élevées.

Etc.

A l’inverse, les pluies diluviennes entraînent, là où il s’en produit, d’amples inondations propices à favoriser les pathologies aquatiques :

- Réapparition massive du choléra ;

- Périssement de 1,8 million d’humains chaque année du fait de diarrhées d’origine hydrique ;

- 207 millions d’individus affectés par la cécité des rivières.

Etc.

Les allergies ne sont pas souvent mortelles, mais constituent cependant des troubles diablement pénibles dans la vie quotidienne des personnes qui en sont affectées.

Or, le réchauffement climatique pousse l’ensemble des végétaux se reproduisant par graines à libérer davantage de pollens afin d’accroître leurs certitudes de reproduction.

Pour ce faire, ces plantes émettent désormais des graines fissurées dans le but de faciliter les sorties de leurs pollens.

C’est ainsi que chaque pied d’ambroisie laisse échapper quotidiennement 2,5 milliards de grains de pollens, dispersés sur 100 km en moyenne grâce à l’augmentation de la puissance des vents provoquée par l’élévation des températures atmosphériques : chacun des facteurs ci-dessus a été multiplié par 2 depuis le début de ce bouleversement environnemental.

En moyenne, les végétaux relâchaient 5 g de pollen/pied avec une concentration atmosphérique de Co2 égale à 280 ppm : ils en émettent 10 g maintenant qu’elle atteint 400 ppm.

Au surplus, les champignons microscopiques se nourrissant de plantes produisent aujourd’hui 3 fois plus d’allergènes qu’avant, à l’instar d’Altemaria, présent dans un grand nombre de plantes.

Les innombrables particules de pollution viennent aussi aggraver le phénomène :

- D’une part, il y en a de plus en plus qui s’infiltre dans le pollen pendant sa formation ;

- D’autre part, leurs pouvoirs irritants en intensifient l’allerginicité.

Les conséquences de ces mécanismes sur la santé humaine sont d’ores et déjà sensibles :

- En Amérique du Nord, 50 millions d’individus sont affligés d’allergies nasales rien que par la stimulation de l’allergène principal du seul bouleau ;

- Alors qu’elle n’était essentiellement concernée jusque là que pendant les 3 mois du printemps, l’humanité est désormais exposée à l’ensemble des allergies de janvier à octobre chaque année, notamment du fait de l’allongement des périodes sans gels, et de l’avancement de leurs processus de reproduction par les végétaux, 2 phénomènes parmi d’autres liés au réchauffement ;

- les allergies occupent présentement la 4e place mondiale des pathologies humaines, après les cancers, les maladies cardio-vasculaires et le sida.

Etc.

La pollution atmosphérique n’accroît pas seulement les allergies : elle est par elle-même créatrice de maladies souvent mortelles.

Partout en croissance sur la planète, ses particules voient leurs tailles grossies par la vapeur d’eau, elle aussi en expansion généralisée (comme décrit dans le premier volet de ce sujet), tout ceci se traduisant par l’absorption de davantage de polluants par les humains.

De nombreuses incidences en découlent, parmi lesquelles :

• En Grande Bretagne, 13 000 personnes décèdent prématurément chaque année du seul fait de la pollution atmosphérique (dont 1 800 par celle émise par les seuls avions) :

- 6 000 par la pollution venue d’ailleurs,

- 3 000 par celle générée par les activités professionnelles britanniques,

- 3 000 par celle circulant à travers le pays tout entier ;

• En Inde, 660 millions d’individus enregistrent 3 ans de vie en moins par l’exclusive action des polluants atmosphériques ;

• En Asie, 500 000 individus meurent annuellement de pathologies cardiaques et respiratoires uniquement déclenchées par des atmosphères polluées ;

• A l’échelle mondiale, 10 picogrammes (soit 10 millionièmes de grammes) de plus de polluants/m3 d’air atmosphériques suscitent 1% de diabétiques supplémentaires ;

• Les particules fines causent directement le décès de 7 millions de personnes chaque année sur l’ensemble de la planète ;

Etc.

D’une manière générale, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, ¼ de toutes les sortes de pathologies humaines sont provoquées par la pollution atmosphérique.

Les maladies infectieuses sont aussi en expansion, plusieurs facteurs liés à l’environnement concourant à cet essor.

Parasites et virus n’existent pas dans le but de rendre la vie difficile aux actuelles 30 millions d’espèces présentes sur la terre : leur rôle est de tester en permanence leurs systèmes immunitaires afin de s’assurer qu’elles peuvent faire face à d’éventuelles dégradations écologiques.

Lorsqu’un bouleversement environnemental d’ampleur se fait jour, tel l’actuel réchauffement climatique, parasites et virus intensifient ces stress tests.

Ce sont souvent environ 400 000 espèces d’insectes qui :

- Soit sont vecteurs de la propagation de bon nombre des 500 000 sortes de virus ;

- soit sont en eux-mêmes des parasites.

Or, la survie des individus appartenant à ces espèces est grandement améliorée par la hausse des températures, notamment par l’augmentation du volume de la vapeur d’eau qui en est une des conséquences : réchauffant l’atmosphère également la nuit, elle évite ainsi une mort certaine à de nombreux insectes.

Parmi ces derniers, pas mal de virus investissent une ou plusieurs des 3000 espèces de moustiques, en raison de leurs caractéristiques bien adaptées à un réchauffement :

• Là où il s’en produit, ils ne sont pas gênés par de violents abats de pluie, pourtant composés, réchauffement oblige, de gouttes plus grosses et lourdes tombant à plus grande vitesse ; ils sont munis d’une épaisse couche de cire poilue qui repousse l’eau en renforçant leurs musculatures, ce qui leur permet :

- D’une part, de résister aux impacts de gouttes se déplaçant jusqu’à une vitesse de 9 m/seconde (équivalant pourtant à 100 fois leurs poids) ;

- D’autre part, de poursuivre leurs vols à une allure comprise entre 20 et 260 cm/seconde, malgré l’intensité des précipitations ;

- Plus les moustiques avalent de sang, plus leurs organismes sécrètent automatiquement des protéines propres à lutter victorieusement contre les parasites contenus dans le sang qu’ils viennent d’aspirer.

Etc.

En une quarantaine d’années, ces efficaces mécanismes naturels ont conduit chaque moustique à multiplier par 2 la surface qu’il occupe durant son existence.

Bien d’autres insectes ont vu aussi s’accroître leurs rayons d’action, notamment par l’utilisation judicieuse des nombreux modes de transport humains, à commencer par l’avion.

3 milliards de personnes l’empruntent annuellement, accompagnées d’un nombre élevé d’insectes en tout genre.

Ces derniers prennent aussi l’avion…mais pas à n’importe quel moment : ils sont beaucoup plus nombreux à embarquer dans des appareils entre juin et août, car ils ont compris que cette période leur garantit, une fois atterris, qu’ils retrouveront un climat similaire à celui qu’ils ont quitté, et ce même sur des vols long-courrier.

C’est ce qu’ont démontré des dizaines de scientifiques et des milliers de bénévoles qui ont minutieusement analysé les contenus de 3 millions de vols assurés par 800 compagnies aériennes différentes sur 12 mois consécutifs.

Parmi les nombreuses conséquences sanitaires des phénomènes ci-dessus décrits :

- 800 000 individus décèdent chaque année du paludisme ;

- 52 millions de personnes supplémentaires sont annuellement infectées par la dengue ;

- Le nombre de tiques provoquant simultanément :

  • La maladie de Lyme ;
  • L’anaplasmose (une forme aiguë de grippe) ;
  • La babésiose (proche du paludisme),

a été multiplié par 4 en 40 ans, les tiques jouant les mêmes rôles dans les zones tempérées que ceux interprétés par les moustiques dans les zones tropicales.

Etc.

En Tanzanie et au Kenya, une expansion désordonnée de la culture du maïs attire 70% de rongeurs supplémentaires, dont 20 fois plus de rats Mastromys Natalensis, porteurs des virus de la peste, et de la fièvre de Lassa (proche de celle d’Ebola).

En outre, selon l’OMS, 80 % des précocités des pathologies de toute nature sont désormais déclenchés par les multiples facteurs environnementaux mis à mal par les comportements humains déplacés.

Une virulence accrue est également d’ores et déjà observée du fait des ravageurs de plantes cultivées.

Ces testeurs de systèmes immunitaires y sont d’autant plus à l’aise que l’intensivité des cultures leur en facilite l’accès.

Depuis 1960, les 612 espèces parasitaires des cultures recensées à ce jour progressent en moyenne chacune de 3 km/an vers les pôles, grâce aux accroissements des températures atmosphériques.

Ces températures plus élevées font, entre autres exemples, que, dans l’ensemble de l’Afrique, les mouches blanches transmettent désormais la striure brune au manioc (4e aliment le plus consommé par les humains) jusqu’à 1 500 ms d’altitude, alors qu’il y a 70 ans, leurs rayons d’infestation ne dépassaient pas 1 000 ms.

Par ailleurs, de 5 ou 6/plante il y a 40 ans, leur nombre est maintenant de plusieurs centaines à plusieurs milliers sur chacune d’entre elles.

Les 200 espèces de végétaux cultivés sur la planète connaissent aussi une virulence accrue de la cicadelle, insecte gros comme la moitié d’un grain de riz : arrivant 10 jours plus tôt qu’il y a une soixantaine d’années, sa population se démultiplie lors des années les plus chaudes, en affectant encore davantage les pommes de terre et les haricots verts, notamment.

Etc.

A ces ravageurs traditionnels, s’ajoutent ceux qui se sont vus transformés par le réchauffement climatique :

- Jusqu’en 1999, quasiment toutes les formes de rouille avaient disparues des champs planétaires : aujourd’hui, les champignons microscopiques les transmettant s’y multiplient ;

- Le Pyriculariose, champignon déjà néfaste au riz dans 80 pays, y a ajouté le blé à son alimentation;

- Phytophtora Infestans, une bactérie responsable de la grande famine en Irlande au milieu du 19e siècle, a récemment muté et accroît sa virulence sur de nombreuses variétés de pommes de terre.

Etc.

Les facteurs intrinsèques à l’actuel changement climatique pèsent aussi sur les plantes cultivées :

• Ainsi, l’élévation continue du taux de Co2 dans l’atmosphère dégrade les pois, riz, soja,… en diminuant leurs concentrations en fer et zinc, altérant alors leurs valeurs nutritives,

Cela fait que 17 variétés de blé dans 10 pays de 4 continents convertissent moins de nitrates en protéines, en réduisant les rendements de 9 % chaque année.

Entre 1980 et 2010, la chaleur atmosphérique a en moyenne ajouté une perte égale à 10% du blé récolté annuellement sur l’ensemble de la planète (11 % en Australie du fait de l’essor des jours à 13° de plus que les températures normalement enregistrées dans ce pays).

ETC…

La pollution atmosphérique suscite elle aussi des baisses de récoltes :

• par rapport à 1980, elle a causé :

- 33 % de production de blé en moins ;

- 20 % de diminution de celle de riz.

Sur l’ensemble de la planète, l’ozone pénètre en effet les plantes et y provoquent des lésions cellulaires :

- En Inde, le passage du parc de véhicules de 50 millions en 2003 à 130 millions en 2013 prive chaque année 94 millions de personnes de ces deux aliments ;

- Les circulations planétaires de la pollution influencent aussi les pertes mondiales de récoltes ;

- La pollution Asiatique en explique 55 % pour le blé, 90 % pour le riz ;

- Celle d’Amérique du Nord 65 % pour le maïs, 80 % pour le soja .

Etc.

Tous ces manques sont masqués par les centaines de milliers d’hectares supplémentaires d’espaces naturels mis en cultures chaque année (garantissant de ce fait une stabilité du volume mondial des récoltes), y attirant encore plus de parasites et ravageurs qui ne sont alors plus retenus dans des milieux sauvages ainsi disparus.

En revanche, les cultures pratiquées en agro-écologie sont peu ou pas concernés par les avanies ci-dessus mentionnées : la diversité des plantes cultivées, partout possible sur la planète, et les techniques naturelles employées, multiples selon les lieux, les préservant de tels déboires.

Les (trop) nombreuses infrastructures humaines ne manquent pas non plus d’être fragilisées par l’accentuation des mouvements sismiques.

Largement dus aux pressions supplémentaires exercées par les élévations des mers et océans sur les plaques tectoniques, les séismes de magnitudes élevées sont en progression partout sur la planète.

Or, chaque tremblement de terre de magnitudes 7, 8, et 9 est préparé par plusieurs milliers, dizaines ou centaines de milliers de séismes de magnitudes inférieures.

Ces dernières ne produisent pas forcément des conséquences visibles à l’œil nu, mais leurs vibrations mettent discrètement à mal les infrastructures qu’elles rencontrent.

En effet, les oscillations horizontales des plaques tectoniques créent des ondes perpendiculaires, se déplaçant à des vitesses pouvant atteindre 90 cm/seconde sur des centaines ou des milliers de km, selon les magnitudes et les profondeurs auxquelles le séisme a eu lieu.

Si les vibrations se dirigeant vers les profondeurs terrestres sont inoffensives, celles atteignant la surface provoquent des microfissures dans des ponts, digues, barrages, installations sensibles,…là ou elles en rencontrent.

Bien peu d’appareils capables de les repérer sont employés lors des entretiens et maintenances de ces équipements : or, elles s’élargissent souvent via les contraintes exercées par les seuls poids de ces infrastructures.

A ce jour, le seul pays à avoir procédé à une réévaluation globale des nouveaux risques sismiques, ce sont les Etats-Unis.

Il en ressort que :

- En 1994, 75 millions d’Américains étaient exposés à des séismes significatifs dans 39 Etats, alors qu’en 2014 ils étaient 148 millions dans 48 états .

- Ce sont désormais 6000 casernes de pompiers, 800 hôpitaux et 20 000 écoles qui sont menacés à travers tout le pays, entre beaucoup d’autres infrastructures.

Il est probable que des risques accrus existent dans chaque autre pays.

Pour leur part, les habitats sont de plus en plus concernés par la dissolution des matériaux géologiques les supportant (tel le calcaire, par exemple) dans des accumulations d’eau issues des pluies diluviennes, là où il s’en produit.

Des dolines, trous géants, les engloutissent alors, comme :

- Au Guatemala en 2007 et 2010 ;

-En Chine en 2013 ;

- En Floride où elles sont passées de 2 600 en 2006 à 6 600 en 2010,

Etc.

Particulièrement bien analysée en France, l’évolution de l’argile des sols, qui se contracte lors de sécheresses plus intenses et se regonfle à l’occasion de précipitations plus violentes, mène à l’apparition de fissures dans plusieurs dizaines de milliers de maisons (notamment dans les Flandres, le Bassin Parisien et le Grand Sud-Ouest), et probablement des millions dans les pays ayant de semblables géologies.

Enfin, les infrastructures humaines détruites par des catastrophes « naturelles » rejettent dans l’atmosphère les gaz de serre qu’elles contenaient.

C’est ainsi que 6 d’entre eux issus de la catastrophe de Fukushima ont représenté 4% de leurs émissions mondiales d’une année.

Depuis 1992, 6 600 évènements climatiques majeurs s’étant déroulé, ce sont donc plusieurs années d’émissions planétaires de ces gaz qui sont allés rejoindre l’atmosphère, sans être pris en compte dans les calculs de leurs concentrations atmosphériques.

 

Sources :

- Climate change boosts a migratory insect pest, www.phys.org, 13/05/2015

- More Americans at risk from strong earthquakes, www.phys.org, 22/04/2015

- Air pollutants could boost potency of common allergens, www.phys.org, 22/03/2015

- Agriculture expansion in Tanzania may greatly increase human plague risk, www.phys.org, 23/02/2015

- Filthy India air cutting 660 million lives short by three years, www.phys.org, 21/02/2015

- Mosquitoes ramp up immune defenses after sucking blood, www.phys.org, 07/02/2015

- Heat waves becoming more prominent in urban areas, www.phys.org, 29/01/2015

- Want to feed the world? Tackle pollution from ozone, 04/11/2014

- Ozone pollution in India kills enough crops to feed 94 million in poverty,

www.phys.org, 04/09/2014

- Affaissements : la menace des trous géants, Direct Matin, 28/08/2014

- Climate change poses growing health threat, www.phys.org, 27/08/2014

- Des céréales moins nutritives, Direct Matin, 23/05/2014

- Climate change increased the number of deaths, www.phys.org, 22/10/2013

- Spread of crop pests threatens global food security as earth warms, www.phys.org, 01/09/2013

- Irish potato famine-causing pathogen even more virulent now, www.phys.org, 18/07/2013

- Les allergies s’envolent à cause du réchauffement climatique, www.tixup.com, 10/07/2013

- En Afrique, le manioc est rongé par la striure brune, Le Monde, 14/05/2013

- Cassava disease spread at alarming rate, www.phys.org, 07/05/2013

- Les allergies : nos ennemies pour la vie? www,viva.presse.fr, 04/2013

- Poorer quality wheat when carbon dioxide levels in the air rise, www.phys.org, 11/12/2012

- Forget blizzards and hurricanes, heat waves are deadliest, www.phys.org, 02/08/2012

- How mosquitoes fly in rain? www.phys.org, 04/06/2012

- New study links air pollution and early death in the UK, www.phys.org, 19/04/2012

- Food crops damaged by pollution crossing continents, www.phys.org, 30/01/2012

- En Afrique de l’Est, la striure brune s’attaque au manioc, Le Monde, 09/12/2011

- La sécheresse menace des milliers de maisons en France, Le Monde, 08/06/2011

- National study finds strong link between diabetes and air pollution, www.phys.org, 20/09/2010

- Climate change make allergy season more miserable for millions, www.phys.org, 18/05/2010

- Rising co2 levels threaten crops and food quality, www.phys.org, 13/05/2010

- First-ever study to link increased mortality specifically to carbon dioxide emissions, www.phys.org, 03/01/2008

- Climate key to species invasion by air, www.phys.org, 11/04/2007

- Global warming and your health, www.phys.org, 24/10/2006

 

Jean-Luc Ménard